Le Burn Out Maternel
Ma parentalité

BURN OUT MATERNEL

Le burn out maternel est de plus en plus connu et surtout reconnu. Il y a encore quelques années, ce terme n’existait pas et les mamans en détresse étaient très mal suivies. Souvent jugées coupables de ne pas aimer leurs enfants, on reconnaît aujourd’hui, qu’au contraire, ce sont souvent des mamans qui se dédient corps et âme à leurs enfants. Au point de ne plus s’écouter elles-mêmes. Malgré les avancées des dernières années, beaucoup de mamans ne reconnaissent pas de suite les symptômes du burn out ou refusent de les voir. Je dois avouer que c’est mon cas.

Le Burn Out Maternel


Reconnaître le burn out maternel

Comme l’explique très bien cet article, le burn out maternel passe par plusieurs étapes. Plus vite vous arrivez à les reconnaître, plus il sera facile de le combattre ou de le soigner. Les trois symptômes principaux sont les suivants:

  • L’épuisement physique et émotionnel
  • Le détachement envers les enfants
  • La perte de confiance et la perte de productivité

Si vous reconnaissez l’un ou plusieurs de ces symptômes, n’attendez pas. Prenez contact avec un.e professionnel.le de santé ou parlez en à votre entourage. Enfin, c’est plus facile à dire qu’à faire. Dans mon cas, je fais plutôt partie du « fais ce que je dis pas ce que je fais ». N’ayant pas d’amie proche et de confiance à qui me confier, j’estime que les réseaux sociaux ont également leur limite. Je me retrouve donc coincée dans mes difficultés.

burn out maternel comprendre et éviter

Il faut un village pour élever un enfant

J’adore cette citation et je l’utilise très fréquemment. Tout simplement parce que je la comprends totalement. L’un des éléments déclencheurs du burn out c’est le fait de vouloir ou devoir tout faire toute seule. Certaines mamans sont seules et ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour élever leurs enfants. D’autres veulent absolument tout gérer seules. Cela peut venir de leur peur de se faire juger si jamais elles osent demander de l’aide. Comme si elles avouaient ne pas être assez bonne mère pour s’occuper seule de leurs enfants. Mais il y a aussi celles qui estiment que personne ne pourra jamais aussi bien s’occuper des enfants qu’elles, surtout pas le papa qui ferait tout de travers.

Dans mon cas, Bastian et moi avons fait le choix de construire notre famille à plusieurs centaines de kilomètres de nos familles respectives. C’est un choix que nous assumons et avec lequel nous sommes tout à fait heureux. Néanmoins, il faut bien avouer que le fait de ne jamais pouvoir déléguer les enfants, ne serait-ce qu’une soirée une nuit est parfois difficile à vivre. Heureusement, Bastian est un papa extrêmement présent et proche de ses enfants. Je peux donc dire que nous sommes une véritable équipe. Cependant, nous sommes seuls, sans famille et sans amis à qui passer le relais de temps en temps.

Comment éviter le burn out maternel

Je parle de burn out maternel car c’est ma situation personnelle mais il existe le burn out paternel. D’ailleurs, je sais que Bastian n’en est pas loin parfois. A partir du moment ou l’un ou les deux parents se sent submergé et n’arrive plus à prendre de recul sur sa situation c’est que le burn out pointe le bout de son nez. Voici quelques pistes pour éviter d’en arriver là.

Déléguer

Si vous avez la chance d’avoir dans votre entourage proche des personnes qui peuvent prendre le relais, faites le. Je sais à quel point il est difficile de demander de l’aide et encore plus de l’accepter. En faisant cela, vous n’avouez pas votre faiblesse, vous faites ce qu’il y a de mieux pour vous et votre famille. Il faut bien plus de courage pour demander de l’aide que pour s’acharner à continuer dans le mauvais sens.

Communiquer

Pourtant c’est vital, non seulement pour vous mais aussi pour vos enfants. Sans vouloir vous/nous culpabiliser, votre enfant est une éponge. Il ressent tout ce que vous ressentez même quand vous essayez de le lui cacher. D’ailleurs, c’est encore pire car ne comprenant pas ce qui se passe, votre enfant peut croire que la situation est plus anxiogène que la réalité. La clé est donc la communication, même avec le tout petit. Bien entendu, choisissez bien vos mots:

« Je t’aime et je t’aimerai toute la vie mais en ce moment maman est fatiguée. Du coup parfois tu peux avoir l’impression que je n’ai pas envie d’être avec toi. Mais ce n’est pas le cas. C’est simplement que maman a besoin de se reposer. Pendant que maman se repose toi tu vas jouer avec papa/mamie/tonton etc. »

Il est aussi important de communiquer avec votre conjoint.e. Dans notre couple, nous parlons beaucoup de ces moments difficiles. Non seulement parce qu’ils sont de plus en plus présents et de plus en plus difficiles à gérer mais aussi parce que nous n’avons que l’autre avec qui parler. Pourtant, cela ne suffit plus à nous sortir de cette impasse qu’est le burn out.

bien communiquer avec son enfant

Prendre du temps pour soi

Facile à dire vous me direz. Moi-même je n’arrive pas complètement à le faire. C’est à dire que quand je prends du temps sans les enfants, je fais forcément quelque chose comme le ménage ou j’avance mon travail. En fait, je me sens coupable d’avoir envie de m’éloigner de mes enfants, alors je compense en disant que c’est pour faire quelque chose d’important ou d’urgent. Aujourd’hui, mon gros problème c’est que je n’arrive pas à me dire: Je prends la voiture, je loue une chambre d’hôtel et je passe 48 heures à me repose, lire, écrire ou ne rien faire sans mes enfants. Parce que je me sens coupable.

La culpabilité, noyau dur du burn out maternel

Je me sens coupable d’avoir envie de m’éloigner de mes enfants. Mais aussi de ne pas être à l’image de cette « mère parfaite » qui adore passer du temps avec ses enfants et qui ne pourrait s’en séparer pour rien au monde. Je me sens coupable à chaque fois que je pense à ces mamans qui sont séparées de leurs enfants contre leur gré ou qui connaissent le deuil. Vraiment, je me dis que je suis immonde à chaque fois que je me dis: « je n’en peux plus de mes enfants, j’aimerai tellement redevenir célibataire sans enfants le temps d’un week end ou même d’une semaine. » Pourtant je sais que je ne suis pas seule dans cette situation. Surtout, je sais que ce sentiment n’est pas honteux ni même anormal.

D’ailleurs, la culpabilité est le noyau dur du burn out maternel. C’est à cause d’elle qu’au lieu de savoir dire stop et partir, nous continuons d’essayer et de tirer sur la corde. Pire, nous essayons d’être encore de meilleures mamans pour compenser cette envie de tout plaquer. Un cercle vicieux qui n’aura de fin qu’à l’implosion totale du brun out.

L’éducation bienveillante au placard

J’en parle en très bonne connaissance de cause. En effet, les moments où je m’informe le plus sur l’éducation positive et bienveillante c’est justement le moment où j’ai le plus envie de péter un câble et de tout envoyer balader. Pourtant, c’est le pire moment pour penser à cela. Car l’éducation bienveillante est une magnifique route à emprunter, mais c’est aussi une route difficile quand on a pas les bases et tout un passif à retravailler. C’est beaucoup de remises en question et de prise sur soi. Justement le genre de travail que l’on ne devrait pas s’imposer en étant au bord d’un burn out.

éducation bienveillante

Alors, je ne dis pas de crier à tout va et de laisser exploser son énervement et son mal être. Bien au contraire, je dis de partir, de souffler et de laisser d’autres prendre le relais. Puis de revenir, à tête reposée, et à ce moment de repartir sur de bonnes bases. Vous serez alors plus ouverte et capable d’assimiler les bonnes pratiques de l’éducation positive.

Mon burn out maternel

Cela m’aura pris plusieurs années pour l’admettre mais je suis en plein burn out maternel. Pourtant je le sentais monter depuis pas mal de temps. Déjà, je dois avouer que cela a été une épreuve pour moi, l’indépendante, d’avoir un enfant et de construire ma vie autour. J’ai eu le sentiment de mettre beaucoup d’aspects de ma vie de côté et cela n’a pas toujours été facile à vivre. Cependant, je suis plutôt extrémiste et bornée dans mes choix. C’est pourquoi lorsque j’ai décidé d’être mère, j’ai estimé que je me devais de me donner à 100% à mes enfants au moins pendant leur première année. Ainsi, j’ai passé presque 4 ans à la maison à m’occuper des minis.

Mère au foyer, un choix et une épreuve à la foi

Après des années à travailler non stop et à être totalement libre de mes choix et de mes mouvements, j’ai pris la décision d’effectuer un virage à 180 et de me dédier à mes enfants. Heureusement que j’ai ouvert ce blog qui est rapidement devenu une bulle d’oxygène dans mon quotidien. J’aurai pu travailler, nous en avions la possibilité, mais dans ma vision de la maternité: « je n’avais pas fait des enfants pour les faire garder par quelqu’un d’autre. » Alors j’ai mis de côté mes envies et qui j’étais pour me dédier à mes enfants. Attention, je ne regrette pas ce choix. Je pense sincèrement avoir pris la bonne décision, avoir donné ce qu’il y a de mieux à mes filles et avoir construit de jolis souvenirs avec elles. Néanmoins, j’avoue avoir été très heureuse de reprendre le travail en septembre 2018.

Mère active, une nouvelle culpabilité

Et pourtant, j’ai encore une fois réussi à me sentir coupable. En travaillant 35 heures par semaines, j’avais l’impression de ne plus voir mes enfants. Les mercredis en particulier me manquaient et je me sentais extrêmement coupable de les mettre à la crèche et au centre de loisirs 5 jours par semaine. Pire encore quand elles tombaient, régulièrement, malades en hiver. D’un côté je me sentais coupable de poser des jours au travail et d’un autre je me sentais coupable de les déposer quand même à l’école ou à la crèche alors qu’elles n’étaient pas au top de leur forme. Un vrai casse-tête qui m’a fait réfléchir et trouver trouver mon IKIGAI.

trouver son ikigai

Un équilibre fragile

Cette introspection a été une révélation pour moi. En effet, j’ai compris que je voulais être indépendante et me lancer en tant qu’auto-entrepreneure.  Depuis 6 mois je m’éclate et m’épanouie totalement niveau travail. Je pensais, à tort, qu’en trouvant mon équilibre professionnel j’allais forcément trouver mon équilibre personnel. Cette nouvelle façon de travailler me permets d’adapter mes horaires et d’être très disponible pour mes enfants. Par exemple, le matin, je dépose Tessa à l’école à 8h30, puis Estrella à la crèche à 9h. Puis, en fin de journée, je peux récupérer Estrella à 16h à la crèche et ensuite Tessa à 16h30 à l’école. Enfin, j’ai tous mes mercredis et week end avec elles. Parfois, je dois partir un ou deux jours pour donner une conférence mais je ne le fais que quand Bastian peut prendre le relai.

Cela semble une situation idéale n’est-ce pas? C’est sans compter sur le fait qu’une grosse partie de mon travail consiste à écrire et que l’inspiration ne vient pas forcément entre 9h et 16h. Souvent même elle peut survenir en plein milieu du repas. Mais le pire c’est quand je suis à fond sur un texte, la tête et le coeur complètement dans mon sujet et que je dois m’arrêter pour m’occuper des filles. C’est une frustration extrêmement difficile à gérer pour moi.

Le train train quotidien

Alors j’en arrive à craindre l’heure d’aller les chercher. Puis commence le marathon du retour: faire le goûter, nettoyer tout ce qu’elles auront mis par terre, les empêcher de se taper dessus, calmer les cris et les pleurs de décharge, préparer le dîner, pendant que l’autre donne le bain. Puis pendant le dîner, éviter les crises « parce que je voulais le verre bleu et l’assiette winnie l’ourson » et « je veux pas être assise à côté de ma soeur mais à côté de maman ». Mais aussi ne pas perdre patience parce que la plus petite dissèque son assiette pour picorer 10% du contenu. Ni péter un câble parce qu’on doit se lever 15 fois pour aller chercher la bonne fourchette, ou expliquer pour la centième fois que non on ne se lève pas de table « juste une seconde » pour aller chercher doudou/sa petite voiture/finir son dessin.

Le coucher de l’horreur

Nous arrivons ainsi à la fin de la journée à un épuisement physique et moral qui me fait généralement déborder lors du coucher. En effet, jusqu’à maintenant j’adorai faire l’histoire du soir et les coucher, car tout se passait plutôt bien. Mais depuis qu’elles sont dans la même chambre, c’est un calvaire de les coucher. Déjà ça commence par se battre pour savoir à qui je lirai en premier l’histoire du soir. Puis, le bal des « je les couche, elles se relèvent ». Pour terminer par des chants et des cris d’animaux chacune leur tour, en s’engrainant pour ne pas dormir. Généralement, c’est à ce moment que je perds patience et que je cris un bon coup en menaçant de retirer les veilleuses si elles ne dorment pas de suite. J’en ressors épuisée et triste de m’être encore une fois laissée emportée. Le lendemain tout recommence et je cumule la frustration, l’énervement et la fatigue.

Partir pour mieux revenir

Alors, je le sais, la solution dans mon cas serait de partir, non pas pour une conférence mais bien juste pour un week end de décompression. Pourtant, jusqu’à maintenant je n’arrivais pas à le faire. D’abord parce que je les trouvais trop petites pour les « abandonner » plusieurs jours sans nécessité de travail. Puis parce que c’était admettre que je n’en pouvais plus. J’avais très peur d’être jugée par vous, par Bastian et même par ma famille. Mais aujourd’hui, j’en suis arrivée à un point où je ne supporte plus les cris et les pleurs de mes enfants. La fatigue physique et émotionnelle ne me quitte plus, au point que je dois régulièrement faire des siestes pour tenir. Je fais les tâches en mode automatique, en prenant une certaine distance avec ce qui m’entoure. Finalement j’en arrive à me dire que je suis une mauvaise mère et que je ne mérite pas mes enfants.

Vous les reconnaissez les trois phases du burn out? Je suis clairement en plein dedans. Impossible de le nier. Mais surtout impossible de continuer comme ça. Alors ma décision est prise. Je vais partir pour mieux revenir. Pas maintenant car nous sommes en vacances et que nous avons prévu d’aller rendre visite à nos deux familles. Mais dès notre retour, après la rentrée scolaire, je vais partir pour mon anniversaire (le 12 septembre). Partir quelques jours, me reposer, profiter avec quelques copines et revenir l’esprit apaisé. De plus, je suis persuadée que grâce à cela je vais retrouver le plaisir d’être avec mes enfants. Plaisir que j’avoue avoir perdu depuis un moment.

Et toi, connais tu ce sentiment? As tu affronté ce burn out? Comment t’en es-tu sortie?

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1 Comment

  • Reply Maman Bulle 8 août 2019 at 20 h 10 min

    C’est un très bel et bon article que tu viens de publier. Il y en a encore trop peu sur la blogosphère.
    Pour ma part, je ne suis pas en burn out mais j’ai ressenti parfois un mélange d’émotions négatives, de fatigue extrême et autres sentiments contradictoires … après 6 mois d’une maternité attendue pendant de très longues années … je ne suis plus dans l’idéalisation de celle-ci.
    Par contre, la maternité a révélé des choses et une force insoupçonnée en moi … Toutefois, je fais attention aux signaux d’alerte, je me ménage et me protège et je communique avec mon entourage.
    Tu l’as parfaitement dit, être mère c’est trouver un équilibre très fragile … mais qui une fois trouvé est très épanouissant !

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