Mes humeurs

ELLE ÉTAIT « MA PERSONNE »

Elle était « ma personne ». Si tu regarde la série Grey’s Anatomy tu vois surement de quoi je parle. Pour les autres, cela veut dire qu’elle était la première personne à qui je disais tout. La première personne que j’appelais pour annoncer une nouvelle. Mais aussi la première vers qui je me tournais pour pleurer. Elle était ma personne mais elle ne l’est plus et je suis (enfin) prête à en parler.



Le comité d’accueil

À l’école j’étais du genre sympa. Grande gueule, je ne me laissais pas faire par les méchants et j’allais franchement à la bataille pour les autres. Peut être est-ce dû au fait que lorsque je suis arrivée en France à l’âge de 6 ans je me suis sentie seule et dans mon coin. Je ne voulais pas que d’autres ressentent la même chose. Alors, lorsqu’une nouvelle arrivait, j’étais souvent la première à aller vers elle.

En CE1, c’est moi qui suis allée vers cette blondinette qui arrivait de Savoie. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, nous sommes toujours de bonnes amies. Puis, en 5ème j’ai vu arriver cette jeune fille un peu réservée, aux immenses yeux noisette, entourés de cheveux bouclés.  Je ne sais que trop bien à quel point les enfants sont cruels au collège. C’est pourquoi je n’ai pas hésité un instant à aller vers elle.

Les filles populaires au collège

Rapidement nous sommes devenues très copines. J’avais déjà mon groupe d’amies. Mais malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à la faire entrer dans ce groupe « sélect » de filles populaires. Cela ne m’a pas empêché de rester amie avec elle et de me lier encore un peu plus à elle. La raison en est simple: nous vivions les mêmes galères.

En effet, je faisais partie du groupe des filles populaires seulement pour une raison: mon amitié de longue date avec la petite blonde rencontrée en CE1, vous vous souvenez? Parce qu’en vérité, les filles du groupe ne m’aimaient pas beaucoup. Trop petite, trop ronde, trop portugaise, trop grande gueule dans un groupe de jolies filles draguées par tous les garçons du collège. Je dénotais clairement mais mon amie savoyarde est du genre loyale et elle ne m’a jamais mise de côté.

Ensemble on est plus fortes

Bouclette me ressemblait à plusieurs niveaux. Elle était petite, jolie mais pas de celles qui attirent les garçons de 13 ans. Très peu sûre d’elle, elle vivait en plus une situation familiale compliquée. Je ne rentrerai pas dans les détails pour préserver sa vie mais pendant plusieurs années, elle n’a pas eu la cellule familiale idéale. Je me retrouvais beaucoup en elle et j’aime croire qu’elle aussi se retrouvait en moi.

Malgré mon appartenance au groupe de populaires, j’étais pas mal chahutée et moquée par les garçons. Avec le recul, je me demande si ma grande gueule et mes réparties acerbes n’étaient pas l’objet de cette attention particulière. De son côté, bouclette s’en prenait des vertes et des pas mures également. Et oui,  je le répète, mais les collégiens sont vraiment des petits cons cruels.

Je me souviens d’un voyage scolaire, pendant lequel bouclette avait porté un pyjama un peu inhabituel. Quelqu’un l’avait prise en photo et affichée au collège dès notre retour. J’avais trouvé cela d’une cruauté immonde. Bien entendu, je suis rentrée dans le tas et je n’ai pas honte de dire que certains en ont pris pour leur grade. Sympa oui mais quand tu touche à quelqu’un que j’aime je sais comment te faire mal, très mal, avec juste les bons mots.

Amitié et trahison

Vous vous demandez peut être pourquoi je vous raconte tout ça plutôt que d’en venir au fait. Alors, les raisons sont simples. Tout d’abord, j’écris cet article bien plus pour moi que pour vous. Puis, pour que vous compreniez  bien l’essence de notre amitié, vous devez savoir comment elle s’est construite. Mais aussi comment elle a explosé plus d’une fois. Enfin, comment elle a finit par se fissurer jusqu’à complètement se désagréger.

En effet, bouclette n’était pas la meilleure amie parfaite. Loin de là. Je connaissais bien ses défauts mais je savais d’où ils provenaient. C’est pour ça que je lui passais beaucoup de choses. Elle passait du petit animal apeuré qui a besoin d’être rassuré à la hyène hautaine qui donnait l’impression de se croire meilleure que vous. C’est sur, quand elle passait de l’un à l’autre ça m’agaçait, beaucoup. Néanmoins, je savais que ces revirements étaient dû principalement à son manque de confiance en elle et à son quotidien pas toujours évident.

Changement de vie

Nos années collèges étaient donc rythmées par nos phases « meilleures amies du monde envers et contre tous » ou « elle ne me calcule presque plus parce qu’elle s’est fait de nouvelles copines et qu’elle ne se sent plus pisser ». Dit comme ça, vous vous demandez surement pourquoi je la laissais revenir à chaque fois. Parce que oui, c’est quand même elle qui revenait. Gentille mais pas conne, je ne lui aurai jamais couru après. Cependant, je la laissais revenir à chaque fois. Car je la connaissais, mieux que les autres. Parfois même mieux qu’elle même.

Puis un jour, sa vie a changé, pour le mieux, du jour au lendemain. Sa situation familiale s’est illuminée au début du lycée. Malheureusement, pour cela, elle a dû déménager. A quelques kilomètres à peine, mais cela signifiait un changement de lycée, un changement de ville et donc pour nous une difficulté importante pour se voir.

De l’Est à l’Ouest

La vie étant comme elle est, nous avons évolué dans des milieux très différents pendant quelques années. Elle dans un lycée huppé d’une banlieue riche et moi dans notre lycée de toujours, un peu moins huppé mais tout de même agréable. Mais ma vie aussi a changé pas longtemps après la sienne. J’ai rencontré un garçon avec qui je suis resté plus de 4 ans et pour qui je suis partie à l’autre bout de la région parisienne. Nos vies étaient donc géométriquement à l’opposé.

Un fossé difficile à franchir

Pendant ce temps nous avons gardé, un peu, contact. Nous nous sommes même revues une fois. Je me souviendrai toujours de ce rendez-vous qui reflétait bien notre relation ambiguë. Bouclette m’avait apporté un cadeau pour nos retrouvailles: un joli pull rose que j’ai tout de suite adoré. Par contre, elle l’a accompagné d’une phrase plus que maladroite qui m’a profondément blessée: « Voilà, je t’offre un pull car je sais que tu n’as pas beaucoup d’argent. » Et bam! Prends toi ça dans la gueule.

La connaissant, je sais qu’il n’y avait aucune méchanceté. Cependant, c’est à ce moment précis que j’ai su que le fossé allait être impossible à franchir pour retrouver notre amitié. Après cette rencontre, nous nous sommes quittées en se promettant de se revoir mais en sachant pertinemment qu’on ne le ferai sans doute pas.

Quand l’amour s’en va, l’amitié revient

En 2006 ma vie a pris soudainement un nouveau tournant. Ma relation amoureuse s’est terminée et plusieurs événements ont fait que j’ai du revenir dans ma banlieue d’origine. Une nouvelle vie de célibataire, célibatante s’est ouverte à moi. Par un hasard des choses, mon nouvel emploi se trouvait aux Halles de Paris alors que bouclette emménageait à son tour avec son nouveau chéri à quelques mètres seulement.

À partir de ce jour, notre amitié est repartie de plus belle. Encore meilleure qu’au collège. Les années sombres qui avaient crée un fossé entre nous semblaient s’être envolées. Alors, bouclette en gardait quelques traces bien évidemment. L’argent n’était plus un problème pour elle, alors que pour moi c’était une lutte de chaque jour. Notre relation était donc un peu déséquilibrée mais notre amitié était devenue tellement forte, tellement belle, que cela ne posait aucun problème entre nous.

De belles aventures

Pendant plusieurs années nous sommes devenues plus soudées que jamais. Elle était devenue pour moi non pas seulement ma meilleure amie mais presque ma soeur. En tout cas, elle était devenue « ma personne ». Pourtant, en même temps que notre amitié renaissait de ses cendres, une troisième mousquetaire est venue nous rejoindre. Ma Anne, ma tendre amie, que j’ai toujours la chance d’avoir dans ma vie, a complété parfaitement ce trio de choc. Anne était ma collègue de travail mais elle habitait à Paris ce qui lui donnait une chose en commun avec bouclette.

Pendant plusieurs années nous avons réellement été un trio de choc. Ce sont à ce jour mes plus belles années. Célibataire, libre, entourée d’amies géniallissimes avec qui je passais des soirées extraordinaires. Je ne pouvais pas demander mieux. Ce trio m’a accompagné et encouragé à travers de nombreux emplois, à travers la reprise de mes études et l’obtention de mon BTS tourisme. Nous avons partagé des soirées parisiennes mais aussi des voyages. Encore plus fort, Bouclette et moi avons partagé le voyage de ma vie.

Le voyage de ma vie

En effet, après l’obtention de mon BTS Tourisme, en 2011, j’ai décidé de partir faire le tour du monde seule en sac à dos. C’était un rêve fou pour lequel j’ai travaillé des heures incalculables les soirs et week end pour mettre de l’argent de côté.

Bouclette ayant des origines d’Amérique du Sud, m’a proposé de me rejoindre en Argentine pendant quelques semaines avant de partir à son tour dans son pays d’origine. J’ai accepté avec grande joie. Nous avons traversé cet immense pays en car pendant des heures. Parfois nous avons vécu de véritables peurs, des moments à la limite du film d’horreur. Mais la plupart du temps nous avons vu et vécu ensemble des choses extraordinaires.

Bien entendu, les semaines ne se sont pas toutes passées sans heurts. Nous avons chacune nos caractères bien marqués. Surtout, nous n’avions pas toujours les mêmes envies. Néanmoins, dans l’ensemble, je garde de ce voyage un doux souvenir partagé avec ma meilleure amie.

Le retour à la réalité

C’est marrant. Maintenant, avec le recul, je me rends compte que ce voyage était notre voyage d’adieu à notre amitié. Car moins d’un an plus tard nous nous quittions fortement fâchées pour ne plus nous revoir.

Plusieurs petites choses sont venues se greffer les unes aux autres. Un peu comme des avertissements. Le signes étaient pourtant clairs. Mais je n’ai pas vu le vent tourner avant le jour de son mariage. Mais avant de vous parler de cet événement particulier, je vais revenir sur ces petits signes avant coureurs.

Un nouveau fossé

Après mon retour de voyage, en 2012, je ne voulais plus rester à Paris. Trop stressant, étouffant, gris, cher. Bref, le voyage m’avait donner envie de beaux paysages et de soleil. Sans rentrer dans les détails, je suis arrivée par hasard dans la Drôme. Rapidement, j’ai rencontré mon homme. Et encore plus rapidement, nous avons décidé de fonder notre famille.

Pendant ce temps là, Bouclette avait vécu et fait des choses que je n’ai pas trop approuvé pendant son propre voyage. Pour moi, la véritable amitié nécessite d’être toujours honnête envers l’autre. Alors je ne me suis pas gênée pour lui dire. Je pense que cela a été un premier pas vers notre rupture. Pendant que moi je vivais mes débuts avec choubidou, elle était demandée en mariage par son chéri depuis des années. Vous vous souvenez, celui avec qui elle avait emménagé à Paris en 2006.

Un mariage, un bébé et un fossé

J’ai eu le grand plaisir, mais pas la surprise, d’avoir été choisie pour être une de ses deux témoins. Étonnamment, sa deuxième témoin n’a pas été notre troisième mousquetaire de qui elle s’était éloignée sans raison apparente. Mais plutôt une de ses anciennes amies du lycée « huppé » de sa jeunesse. Ce détail aura eu, sans aucun doute, son importance dans notre séparation.

Quelques semaines plus tard, je suis remontée sur Paris et nous nous sommes donné rendez-vous avec Bouclette et son autre témoin. Dès le début j’ai senti une gêne sans savoir pourquoi. C’est sur, sa deuxième témoin et moi ne nous connaissons pas beaucoup. Nous avons une entente cordiale et nos deux mondes sont très différents. Néanmoins, moi ce que je veux c’est le bonheur de ma meilleure amie. Puis nous nous installons dans un bistrot et là Bouclette a quelque chose à m’annoncer. Avant même que les mots sortent de sa bouche je sais ce que c’est. Elle est enceinte.

Élever nos enfants ensemble

Mon coeur s’emballe à cette annonce! Je suis tellement contente pour elle! Je vais être la tata la plus gaga du monde. Cependant, l’annonce est gâchée par deux événements. Le premier c’est qu’au moment où elle me l’annonce sa gêne est perceptible. Quand je vois que sa témoin ne saute pas de joie comme moi, je comprends qu’elle est déjà au courant. Et là je dois avouer que j’ai ressenti un sévère pincement au coeur. J’aurai aimé être la première à qui elle l’annonce. Mais bon, je me fais vite une raison et me réjouis de la bonne nouvelle.

Lorsqu’à son tour elle demande quoi de neuf, je lui explique que justement Bastian vient de me demander de faire un enfant. Je pars complètement dans l’excitation de l’annonce qu’elle vient de me faire et je lui parle déjà d’élever nos enfants ensemble, de vivre les joies de la grossesse ensemble et tout ce qui touche à a maternité. Bizarrement, elle ne me félicite pas et me répond même froidement que c’est un peu tôt dans ma relation n’est ce pas?

Ça m’a fait mal au coeur. Je ne peux pas le nier. Elle m’a blessé en disant cela mais je me dis que c’est mon amie et qu’elle s’inquiète simplement pour moi. Le reste du rendez-vous se passe dans cette même ambiance gênée et désagréable. Plus tard, j’y repenserai en me disant que déjà à ce moment là, pour elle, notre amitié était finie.

Tout arrive au même temps

Elle m’a annoncé son mariage au mois de septembre 2013 et prévu pour le mois de Juin 2014. Puis l’annonce de sa grossesse au mois de février 2014 avec un accouchement prévu au mois de septembre 2014. Son EVJF a alors été prévu pour le premier week end du mois de Juin, quelques semaines avant son mariage.

Le timing est très important dans cette histoire. Car, ce qu’il faut que vous sachiez c’est que pendant que Bouclette vivait ces événements très importants dans sa vie, je vivais également des événements très importants dans la mienne. Et c’est cela, je pense, qui a été à l’origine de son énervement envers moi. Je pense que je n’étais pas assez disponible pour vivre à fond SES événements comme toute bonne meilleure amie. En effet, j’étais trop préoccupée par mes propres événements et je dois admettre que je n’avais que peu de temps pour m’investir à fond dans les siens.

En septembre 2013 j’ai ouvert mon commerce. J’étais seule à tenir un salon de thé dans une ville inconnue et j’avais beaucoup de mal à le faire décoller. D’ailleurs, il n’aura pas tenu un an. En même temps, je vivais les débuts de ma relation avec choubidou. En plus, ma petite soeur avait emménagé avec moi. Bref, ma vie était bien remplie et les 500km qui me séparent de bouclette ne me facilitaient pas la tâche. Puis en février 2014, lorsqu’elle m’a annoncé sa grossesse, Bastian venait juste de me demander de faire un enfant. Forcément, j’étais déjà dans un sacré tourbillon émotif. Néanmoins, j’étais hyper heureuse d’imaginer vivre cette nouvelle aventure avec elle. Cependant, pendant tout ce temps j’étais en contact avec la deuxième témoin pour organiser l’EVJF de bouclette. J’estime d’ailleurs avoir fait autant qu’elle.

L’EVJF

Malheureusement pour notre amitié mais heureusement pour mon couple, je suis tombée enceinte très vite. le 21 avril 2014 j’apprenais que j’étais enceinte de quelques semaines. J’étais tellement heureuse de le lui annoncer. Cependant, la nouvelle n’a pas eu l’air de la réjouir plus que ça. Encore un coup de poignard dans mon coeur.

Puis quelques semaines plus tard j’ai eu quelques saignements. La semaine suivante, lors de la première échographie, le gynécologue m’a clairement déconseillé de prendre la voiture.  C’est à ce moment que j’ai pensé à l’EVJF qui approchait à grands pas. Je ne savais pas quoi faire. J’étais tiraillée entre le fait de rater un des moments les plus importants de la vie de ma meilleure amie ou le fait de ne pas prendre de risque avec ma grossesse. C’était déchirant.

Finalement, quelques semaines plus tard, complètement ravagée par les nausées au point de ne pas bouger de mon lit, j’ai pris la décision de ne pas me rendre à l’EVJF. En effet, pour y aller il me fallait prendre le train jusqu’à Paris, puis faire encore 200 bornes en voiture jusqu’en Normandie où il allait se dérouler. En plus, je n’aurai pas du tout profité du week end et j’aurai même gâché un peu la fête pour les autres. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai appelé Bouclette pour le lui annoncer. Autant vous dire que cela s’est très mal passé.

Ces mots que je n’oublierai jamais

Je lui ai donc expliqué qu’entre mes nausées et la peur de la fausse couche à cause du voyage, et même si ça me tuais de rater ça, j’avais pris la décision de ne pas y aller. Elle n’a pas compris. Il n’y a pas eu de cris, il n’y a pas eu de dispute à proprement parlé. Mais elle était devenue froide, encore plus que ces derniers mois. Une étrangère presque. Aucune compassion pour ce que je vivais, uniquement une colère froide pour mon abandon. Et là, elle m’a sorti les mots que je n’ai pas pu lui pardonner:

"Non mais c'est bon, t'es enceinte de quelques semaines, si tu perds le foetus c'est pas bien grave non plus."

...

Je ne peux pas vous expliquer le choc que j’ai ressenti. Ce bébé je l’ai aimé dès que les deux petits traits sont apparus sur le test de grossesse. J’ai cru le perdre et j’en ai chialé. J’ai entendu son petit coeur battre. Comment pourrai-je un instant me dire que « ce n’est pas grave » de le perdre?! Mais plus que tout, comment peut elle, ma meilleure amie, enceinte elle même de 5 mois, comment peut elle me dire une telle énormité?! J’étais en totale incompréhension de ce qui venait de se passer.

Le jour de son mariage

Les semaines suivantes nous ne nous sommes presque pas parlé. Nous savions toutes les deux qu’il y avait de la rancoeur de part et d’autre mais le mariage approchait et j’étais une de ses témoins. Le matin de son mariage je l’ai rejointe dans son nouveau chez elle. Son autre témoin y était aussi. Un coiffeur et une maquilleuse sont venus s’occuper de nous à domicile. J’ai tout fait pour qu’elle se sente détendue. Mais tous mes efforts étaient anéantis dans la seconde.

Clairement elle m’en veut à mort. Franchement, à ce moment là je peux encore la comprendre. Elle comptait sur moi pour être présente et complètement disponible pour son année. Pas de chance, 2014 a été aussi mon année. Nous aurions pu les vivre ensemble ces beaux événements. En tout cas, c’est comme ça que je le voyais, que je l’espérais. Mais elle l’a vu autrement. Elle voulait être la princesse, la star de cette année et vraiment je la comprends. Néanmoins, j’en avais gros sur la patate de cette phrase qui m’avait tant blessée. Alors j’ai fait mon travail de témoin avec l’angoisse au ventre et en subissant toutes ses attaques tout au long de la journée.

Un des pires jours de ma vie

Ce jour là elle m’a dit des choses et elle a agit de telle façon que je ne pouvais pas lui pardonner ni oublier. Cela ne servirai à rien que j’écrive ici tous les pics qu’elle m’a sorti tout au long de la journée et de la soirée. Je peux simplement vous dire qu’elle cherchait à me blesser. Bastian et moi avons été complètement mis de côté. Néanmoins, j’ai pris sur moi toute la journée. J’ai essayé tant bien que mal d’être la témoin qu’elle attendait que je sois. Finalement, je n’ai aucun regret, j’ai joué mon rôle et j’ai subit sans flancher toutes ses mesquineries.

« Attends avant de toucher ma robe, tu as les mains propres au moins? », pendant que je l’aidais à l’enfiler par dessus son bidon de femme enceinte de 6 mois.

« C’est pour ça que mon mec ne t’aime pas. » Alors que je venais de dire en rigolant à son futur mari qu’il n’avait pas intérêt à la faire souffrir un jour sinon je le tuerai.

« Non mais c’est bon tu peux arrêter de parler. » Pendant que je faisais durer mon discours parce que la surprise que nous lui avions préparé n’était pas encore bien calée avec le DJ.

Le reste de la soirée, Bastian et moi sommes restés seuls à la table d’honneur. Enfin, à minuit, j’ai estimé que c’était une heure tout à fait honorable pour quitter les lieux. Je l’ai saluée et elle m’a à peine répondu. Le coeur lourd, je suis partie en sachant que notre amitié était terminée.

Se raccrocher aux branches

Octobre 2014, j’étais enceinte de 6 mois et elle venait d’accoucher d’une petite fille. Nous avions à peine échangé quelques textos depuis le mariage. Pendant ma grossesse, je n’ai eu personne pour parler de mes symptômes, de mon ressenti et de tout ces changements qui survenaient dans ma vie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai ouvert mon blog au mois d’août 2014. Mais voilà, elle venait d’accoucher et je n’imaginais pas ne pas être dans sa vie pour ce moment si important. On a parlé longtemps au téléphone. Quelques sujets de discordes ont été abordés sans trop entrer dans les détails. J’ai cru que nous pourrions, une nouvelle fois, sauver notre amitié.

Pourtant, quelques jours seulement après ce coup de téléphone, elle m’a envoyé un message me disant qu’elle n’arrivait pas à me pardonner et qu’il lui fallait du temps. Je lui ai répondu qu’elle avait raison. Que moi non plus je n’arrivais pas à oublier certains de ces mots et gestes. Alors j’ai fait la seule chose qu’il restait à faire. J’ai rompu notre amitié, pour toujours. Clairement, je lui ai dit que notre amitié n’en était plus une depuis longtemps, même avant son mariage. Et que malheureusement, cette fois ci, elle n’y survivrai pas. Elle m’a répondu qu’elle était d’accord et ça s’est terminé là.

Et depuis

Je n’ai jamais vu sa fille, elle n’a jamais vu la mienne. Je ne sais pas si elle a eu d’autres enfants. Elle ne sait pas que j’ai eu une deuxième petite fille. Ni que Bastian et moi sommes fiancés. Mais que pour le moment je ne visualise absolument pas mon mariage parce que je n’aurai pas « ma personne » à mes côtés. Ça me brise le coeur à chaque fois que j’y pense. Tous ces moments que j’aurai adoré partager avec elle. Voir grandir nos enfants ensemble. Nous plaindre de nos mecs qu’on adore mais qui nous énervent. Parler de nos projets, de nos passions. Voyager encore ensemble. Nous disputer sur des sujets de société ou de politique. Mais non, plus rien de cela n’est plus jamais arrivé.

Pourtant un soir je n’ai pu résister à lui envoyer un message. C’était le vendredi 13 novembre 2015, le soir des attentats à Paris. J’ai eu peur pour mes amis parisiens et j’ai eu peur pour elle. Cependant, je n’avais plus son numéro, j’avais tout effacé. Alors j’ai demandé à notre troisième mousquetaire qui me l’a donné. Notre échange a été simple et rapide. Je lui ai demandé si elle allait bien. Elle m’a répondu que oui. Puis, plus rien.

Pourquoi je ne reviens pas vers elle

Aujourd’hui, je pense sincèrement que je ne reviendrai jamais vers elle. Notre amitié a été meurtrie trop profondément. Trop de rancoeurs et trop de temps est passé. Elle le sait aussi bien que moi. Nous avons des caractères très forts toutes les deux. En plus , nous avions toutes les deux une conception de l’amitié un peu romanesque. Chacune attendait beaucoup de l’autre et forcément ça ne nous a conduit qu’à de la déception. Cela m’a pris plus de trois ans avant de pouvoir en parler ici. Maintenant que c’est fait, j’espère que j’arriverai à en faire définitivement mon deuil. Ce qui n’a pas encore été le cas de toute évidence.

À nos actes manqués. À nos amitiés perdues.
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2 Comments

  • Reply Moule 20 mars 2018 at 22 h 52 min

    C’est tellement triste…
    J’ai perdu des amitiés qui comptaient, mais je n’ai jamais perdu les plus belles et je ne m’imagine pas sans elles, tu en connais une d’ailleurs, Sigrid.
    J’espère que tu feras ton deuil, je te le souhaite. ❤️

  • Reply PAPA ET MAMAN - LA RENCONTRE - CherMininous 2 juin 2018 at 14 h 10 min

    […] Je visite le Royaume Uni, l’Irlande, le Portugal et fini par partir en Argentine avec une amie pendant un mois. A mon retour, je ne supporte plus la vie parisienne, trop étouffante, trop grise, […]

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