MON DEUXIEME ACCOUCHEMENT – ESTRELLA

Il y a deux ans et demi, le 28 décembre 2014, je donnais vie pour la première fois à ma superbe MiniNous. Ce premier accouchement s’est tellement bien déroulé que je n’avais qu’une hâte: revivre ce moment magique. C’est donc sereine que je m’approchais de la date de mon deuxième accouchement en ce mois de mai 2017. Malgré une grossesse longue et pénible qui m’a menée jusqu’à 42 SA, j’étais impatiente de revivre ce moment. Mais rien ne s’est passé comme prévu.


Une préparation au top pour un accouchement naturel

Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai vécu un premier accouchement de rêve. Mon seul regret c’est d’avoir cédé aux sirènes de la péridurale. Je ne jette pas la pierre à celles qui la veulent ou qui l’ont prise. Je ne sais que trop bien la douleur que peut provoquer un accouchement et les contractions. Cependant, déjà pour le premier je voulais un accouchement le plus naturel possible. Ma sage-femme fait partie de ces professionnelles de santé pro accouchement, naissance et maternage le plus naturel possible. Elle m’a donc expliqué les conséquences possibles de la péridurale. De plus, des femmes l’ayant fait pendant des milliers d’années sans péri, j’avais envie, moi aussi, de vivre cette expérience. Dans ce but, je me suis beaucoup plus préparée pour ce deuxième accouchement. Tous mes cours de préparation à l’accouchement tournaient autour de la gestion de la douleur. Bref, j’étais prête aussi bien physiquement que mentalement à vivre un accouchement naturel et sans péridurale.

Une grossesse interminable

Malheureusement, plus ma grossesse avançait plus je voyais s’éloigner cet accouchement naturel. Arrivée au jour du terme, on a commencé à me parler de déclenchement. Le déclenchement étant déjà un acte médical en soit, je pouvais déjà dire adieu à mon accouchement naturel. Puis il y avait les risques liés au déclenchement. Des contractions puissantes et douloureuses pouvant me faire demander la péridurale. Voir même en arriver à l’utilisation d’instruments pour sortir le bébé ou pire une césarienne. Vous imaginez bien que je n’étais pas sereine à chaque jour de plus dépassant mon terme. Arrivée au dimanche 28 mai, soit 6 jours après terme, je m’étais finalement préparée psychologiquement à être déclenchée. Le RDV était le jour même à 17h. Heureusement, la nature en a décidé autrement. Ce matin, sous la douche, mes premières contractions ont commencé. Il est 9h du matin et je sens que ça arrive enfin.

9h – premières contractions

Je n’avais pourtant rien senti de différent la nuit précédente ni au lever. Comme le déclenchement était prévu pour 17h, nous avions décidé d’aller manger au restaurant à midi tous les trois. Puis de déposer MiniNous chez une amie pour 16h. Cela nous laissait le temps d’arriver tranquillement à l’hôpital pour 17h. Je prenais donc ma douche ce dimanche matin lorsqu’une première contraction douloureuse fit son apparition. Néanmoins, je n’ai pas sonné l’alerte tout de suite. J’avais déjà eu trop de faux espoirs avant ça. Je continu donc de prendre ma douche tranquillement. Une deuxième contraction très douloureuse arrive environ 15 minutes après la première. Je sors de la douche, je me sèche, je m’habille et une troisième me pli en deux. Je prends le temps de bien inspirer par le nez et de souffler longtemps par la bouche comme me l’a appris ma sage femme. Ce coup-ci je sens que c’est la bonne!

10h – Changement de plans

Je prends tout mon temps dans la salle de bain. Je veux être sure que c’est bien ça avant d’en parler à Bastian. Lorsque j’ai une quatrième contraction en moins d’une heure, le doute n’est plus permis. Je préviens donc Bastian que le travail semble avoir commencé et qu’il serait peut être plus judicieux d’aller faire un tour à la maternité dès le matin. J’appelle mon amie et je lui demande si elle peut me prendre Tessa plus tôt que prévu. Heureusement, elle est disponible et accepte. Nous prenons alors le temps d’expliquer à MiniNous que la petite sœur va arriver comme on lui promet depuis des jours.

11h – On vous garde madame!

Choubidou et moi arrivons à la maternité. Pendant le trajet de quelques minutes j’ai encore une contraction douloureuse. On s’installe dans une salle d’examen des UGO. Le monitoring montre bien quelques contractions mais rien de fou. La sage-femme m’explique que ça n’a pas l’air d’être pour tout de suite et que je risque de devoir retourner à la maison. J’avoue que ça m’énerve un peu car encore une fois j’y croyais et encore une fois ce n’est pas encore le moment. Néanmoins, elle m’ausculte et là surprise mon col est effacé et ouvert à 3! Elle me dit alors: « On vous garde madame! ».

12h – Installation dans la salle d’accouchement

Je suis hyper heureuse! Ca y est c’est enfin le moment! Je n’y croyais plus! Et en plus je vais éviter le déclenchement. C’est formidable. J’aurai attendu 6 jours de plus mais j’aurai quand même mon accouchement naturel. Et déjà 3 centimètres c’est génial. En plus, j’ai l’impression de bien gérer mes contractions. Ca me parait complètement réalisable. Bastian et moi nous installons gaiement dans la salle d’accouchement.  Comme j’ai expliqué aux sage-femmes ne pas vouloir de péridurale elles m’ont installée dans une chambre avec une douche. Elles m’ont également laissé à disposition un gros ballon et ne reviendront que plus tard pour faire un monitoring.

13h – Tout s’arrête

Confiants et heureux, nous partons nous promener dans l’hôpital pour faire bouger mon col. C’est l’un des conseils principaux pour un accouchement naturel: être mobile pour faire travailler le col. Néanmoins, depuis une heure je n’ai plus aucune contraction. Je ne comprends pas trop pourquoi. On continu de se promener et on en profite pour appeler la famille et l’amie qui garde Tessa. 14 heures et toujours pas de nouvelle contraction. Nous décidons alors de déjeuner à la cafétéria de l’hôpital. Je me dis que je risque d’en avoir encore pour deux ou trois heures donc je profite de manger un peu. Enfin, pas trop pour ne pas risquer de tout faire sortir.

16h – C’est le calme plat

J’hallucine complet. Je n’ai presque eu aucune contraction depuis midi! Ce bébé ne veut vraiment pas sortir c’est pas possible. On marche depuis des heures et rien ne bouge. Heureusement, à 16h je sens de nouveau quelques contractions douloureuses. Nous retournons donc dans la chambre tranquillement. J’explique aux sage-femme que je n’ai pas beaucoup de contractions mais que je sens encore bien le bébé bouger. Elles me mettent sous monitoring pendant 30 minutes et presque rien ne se passe au niveau des contractions et bébé semble aller très bien. Il est 17h, heure initialement prévu pour mon déclenchement. La sage-femme revient et je m’attends tristement à ce qu’elle me dise qu’il va falloir déclencher. Je suis de nouveau triste et déçue d’en arriver de nouveau à ce terme médicalisé.

17h – La mauvaise blague

En fait, la sage-femme est très à mon écoute et comprends bien que je veux éviter à tout prix ce déclenchement. Elle m’explique alors que même si mon terme est dépassé de 6 jours, bébé semble aller très bien donc si je veux éviter le déclenchement, je peux attendre encore 24 heures. Elle me propose donc de retourner à la maison. D’un côté je suis extrêmement soulagée d’éviter encore une fois le déclenchement mais d’un autre je ne veux pas rentrer à la maison! Je n’en peux plus de cette fin de grossesse. Chaque semaine je crois que c’est le moment et chaque semaine je déchante. Et là maintenant que mon col est bien ouvert et que j’ai de vraies contractions on me dit de retourner chez moi! Non, je ne l’envisage même pas. Je veux que ce bébé sorte aujourd’hui. Et puis j’aurai trop peur de perdre les eaux en pleine nuit et de devoir venir en urgence à l’hôpital. Sans parler du fait que je ne veux pas récupérer Tessa pour devoir la réveiller en sursaut en pleine nuit. Non, rentrer à la maison n’est pas envisageable. La sage-femme accepte alors que je reste là pour la nuit.

18h – Doucement, lentement.

Nouveau monitoring et nouvelle auscultation. Très peu de contractions au monito même si je commence de nouveau à les ressentir. Bébé bouge toujours bien et le rythme est bon. Mon col quant à lui n’a presque pas bougé, je ne suis qu’à 4. Comme c’est rageant! Si je ne tenais pas autant à mon accouchement naturel je demanderai le déclenchement tellement j’en ai marre. Je continu de bouger, je bouge sur le ballon et j’ai même commencé à prendre l’homéopathie pour activer les contractions. C’est frustrant mais je garde espoir que bébé arrive encore aujourd’hui. Et puis ce serait tellement beau qu’elle naisse le jour de la fête des mères!

19h – Ca s’intensifie

Je ne sais pas si c’est l’homéopathie ou le fait que je sois restée sur le ballon mais je sens les contractions bien plus fortes. Lorsque le repas du soir arrive c’est Bastian qui le mange presque complètement. Je ne prends qu’un morceau de pain et du fromage. J’ai trop espoir d’accoucher dans les heures qui suivent. Il ne faudrait pas que j’ai l’estomac trop plein et que je me retrouve à tout vider de tous les côtés!

20h – La soirée de la douleur

Je ne suis qu’à 5! comment c’est possible?! Le monito montre bien des contractions assez puissantes toutes les 15 minutes. Et puis surtout moi je les ressens très bien aussi mais rien ne bouge. Je ne comprends pas pourquoi. Cependant, je reste confiante. Bébé sera là avant minuit c’est sur vu l’ampleur des contractions. En attendant je suis fière de moi car j’arrive à bien les gérer. J’arrive à suivre tous les conseils de mes cours de préparation à l’accouchement. Dès que je sens la contraction arriver j’accepte de la recevoir et je l’accompagne. J’inspire par le nez et j’expire longuement par la bouche. Je ne prends pas le risque de perdre mon souffle ni de lutter contre la contraction car je sais que ça ne fait que l’augmenter. Au contraire, plus une contraction est forte plus je visualise son travail sur mon col pour l’ouvrir.

21h – La bulle sur l’eau

Les contractions sont vraiment douloureuses et se rapprochent encore. Je continue de faire du ballon et d’utiliser les techniques de mes cours. J’inspire, j’expire. Quand la douleur devient trop forte j’utilise la technique de la bulle sur l’eau que m’a enseigné ma sage femme libérale. Je m’imagine flotter dans une grande bulle qui elle même flotte sur la mer. Chaque contraction est une vague qui me rapproche un peu plus de la plage. J’inspire, la bulle monte sur la vague. J’expire, la bulle se fait porter sur la vague vers la plage. Chaque fois un peu plus près.

22h – Tous à la douche

La gestion de la douleur devient de plus en plus compliqué mais je tiens bon. Je sais que plus ça travaille plus mon col bouge. Je ne voudrai pour rien au monde que ça s’arrête de nouveau comme dans l’après-midi. Néanmoins la douleur est vraiment intense. Je demande alors à Bastian de m’accompagner sous la douche. Il me masse les reins pendant que l’eau chaude coule sur moi. Cela me soulage un peu mais les contractions se rapprochent toujours plus. Je reste sous la douche je ne sais combien de temps. A un certain moment la douleur s’intensifie encore plus.  Je n’ai jamais ressenti douleur pareil.  Mais je tiens bon. Mon mental est fort. Je veux mon accouchement naturel. J’en suis capable. Je prends le ballon et m’appuie dessus sous la douche. D’un coup, je sens du liquide couler entre mes jambes! Je me dis: « enfin! la poche des eaux a cédé! Je vais enfin accoucher! ».

23h – La désillusion

Je cri alors à Bastian d’aller chercher la sage femme! Elle arrive et entre dans la douche avec moi car la douleur est trop forte et je n’arrive plus à me relever. Je lui explique que je pense avoir perdu les eaux mais comme je suis sous l’eau on ne le voit pas. Bastian et elle sont obligés de m’aider à me relever et presque à me porter jusqu’au lit pour m’ausculter. Oh mon dieu la douleur de l’auscultation est juste horrible! Tellement que j’en perds le fil de ma respiration pendant quelques secondes et que ça empire la douleur. J’inspire, j’expire. Et là, la sage-femme me met le coup de grâce: « La poche est toujours là. Bien bombée et prête à craquer mais toujours là. Vous l’avez peut être fissurée mais elle n’a pas cédé pour le moment. Quant au col, vous en êtes à 8 ».

Je suis anéantie pas la déception. Cela fait des heures que je suis là. Surtout, cela fait plusieurs heures que j’endure des contractions très douloureuses. Mon mental ne tient qu’à l’espoir que ces contractions fassent travailler mon col mais pas à vitesse réduite. J’en pleure de désespoir et de douleur.

23h30 – Accrochée à un fil

Avant de sortir de la chambre, je demande à la sage-femme de m’installer le lit de façon à ce que je puisse me suspendre à la barre au-dessus de celui-ci. C’est une autre des techniques dont ma sage-femme libérale m’a parlé pour aider à gérer sa respiration et à faire descendre bébé. Un drap est passé par la barre, je me met accroupie sur le lit et je tiens chaque côté du drap avec mes deux mains. J’en suis arrivée à un stade de douleur que je ne suis plus dans la pièce. Je suis douleur, je respire douleur, je pense douleur, je transpire douleur.  Ce bébé doit arriver je n’en peux plus. Les contractions ne me laissent plus de répit. Je suis devenu un animal enfermé dans sa propre douleur. J’ai mal partout: aux reins, dans la bas ventre, à l’intérieur à l’extérieur. La douleur irradie de partout. Puis un bruit horrible étrange sors de ma gorge. Je me sens pousser en même temps que ce bruit guttural sort du plus profond de ma gorge. J’ai mal, je suis épuisée et je n’arrive plus à tenir.

Minuit – Le coup de grâce

Pendant les quelques secondes où la contraction passe je regarde l’horloge accrochée au mur et je vois qu’il est minuit. C’est officiel, bébé ne viendra pas le 28 mai. Elle naîtra le 29, c’est maintenant certain. Je me sens complètement anéantie. Le peu de mental que j’avais me quitte subitement. Une autre contraction arrive. Ce que c’est douloureux! Je n’en peux plus. Je me tourne alors vers Bastian que je ne calculais plus depuis un moment mais toujours à mes côtés et je lui dit: « c’est finit, je n’en peux plus, demande leur la péridurale ». Je suis en pleurs mais sure de mon choix. Je suis trop fatiguée. Ca dure depuis des heures. Je ne sais pas combien d’heures encore je vais devoir subir ces contractions avant que bébé n’arrive. Je sais que j’aurai besoin de forces lors de la poussée. Si je continue comme ça je vais être trop épuisée et risquer la ventouse ou pire. Bastian me demande quand même si je suis sure de mon choix. Je l’ai tellement bassiné avec mon accouchement naturel pendant des mois qu’il n’est pas certain de ma demande. Entre deux respirations je hoche la tête de haut en bas.

00h15 – Code rouge

La sage-femme entre dans la chambre, je suis toujours accroupie sur le lit. Elle me demande de me coucher pour m’examiner le temps que l’anesthésiste arrive. Je suis dans une nuage de douleur, je ne peux plus bouger. Encore une fois Bastian et elle doivent se mettre à deux pour me coucher. J’ai atrocement mal. Je ne suis plus là. Je ne veux pas qu’elle m’examine, je veux juste qu’on me soulage et que je puisse enfin me reposer avant de pousser. Je n’entends plus rien autour de moi. Je ferme les yeux et je m’enferme dans ma bulle de douleur essayant de gérer ma respiration comme je le fais depuis des heures.

L’anesthésiste arrive enfin. Il prépare son matériel et on me demande de m’asseoir et de faire le dos rond. C’est tellement dur avec ces contractions qui ne s’arrêtent plus. Je transpire à grosses gouttes. Néanmoins, j’essaye de prendre le peu de courage qu’il me reste car je sais qu’une fois la péri posée le soulagement va être formidable. Il commence à enfoncer l’aiguille et ça me fait très mal alors que pour Tessa je n’avais pas senti autant. Et là d’un coup, un infirmier rentre dans la chambre et dit à l’anesthésiste: « on a besoin de vous tout de suite on a un code rouge à côté! ». J’entends la sage-femme dire « et sa péri? vous avez eu le temps de la poser?! ». L’anesthésiste répond « Je reviens finir après le code rouge » et il part en courant!

00h30 – Je ne suis pas seule

Je panique complètement. Mais pourquoi?! Bordel! Il me la faut cette péri. Je n’en peux plus! Pourquoi fallait il qu’un code rouge arrive juste à ce moment là?! Soudain j’entends un cri déchirant. Un cri qui me déchire le coeur et qui restera ancré à vie dans mon souvenir. Le cri d’une maman qui a très mal. Et c’est seulement à ce moment là que je réalise que je ne suis pas seule. D’autres mamans accouchent pas loin de moi. Cette maman semble même souffrir encore plus que moi. Quelques minutes seulement plus tard l’anesthésiste revient et explique à la sage-femme que le code rouge est passé. En effet, le code rouge c’était cette maman dont le bébé était coincé et il fallait pratiquer une césarienne d’urgence. A priori, lorsque l’anesthésiste est arrivé la maman a réussi à sortir le bébé, d’où le cri. Malheureusement, le bébé semblait en détresse. Pauvre bébé, pauvre maman. Nous ne sommes malheureusement pas égales face à l’accouchement et malgré ma douleur je me rends compte que ça pourrait aller bien pire.

01h00 – Ca ne marche pas

L’anesthésiste finit de me poser la péri. Ou en tout cas, il essaye de le faire. Je sens bien que l’aiguille me fait mal et qu’il met beaucoup de temps à la poser. Je me souviens très bien du déroulement pour Tessa et ce n’était pas si complexe. Il finit par dire que c’est bon et je ressens un soulagement immense. Je sais maintenant que dans quelques minutes je n’aurai plus mal. On m’aide à me recoucher et je gère mes dernières contractions douloureuses avec la certitude que je n’aurai plus jamais aussi mal.

15 Minutes plus tard j’ai toujours aussi mal. Je demande à la sage-femme qui est à côté de moi combien de temps ça prend pour agir. Elle me répond que ça peut prendre 30 minutes. Cela m’étonne car pour Tessa j’avais le souvenir d’un soulagement bien plus rapide. Soit, je prends mon mal en patience, j’inspire, j’expire. Je compte les contractions en me raccrochant à l’espoir du soulagement à venir. Malheureusement, 30 minutes après la pose, soit à 1h du matin, les douleurs sont toujours aussi intenses.

01h30 – Ne me touchez pas!

La sage-femme rappelle l’anesthésiste qui me réinjecte du produit. Je sens bien le produit glacé passer dans mon dos mais aucun soulagement n’arrive. Il réitère plusieurs fois la manœuvre sans aucun soulagement au bout. Et moi je suis à bout. Je perds complètement pied. Je m’entends pleurer et implorer qu’on me soulage. Je m’entends m’énerver en disant que ça ne marche pas. Je m’entends dire des choses que je n’aurai jamais cru possible comme le fait d’appeler ma mère en pleurant. J’avais tellement mal et je ne voyais pas la douleur s’achever. J’en suis même venu à prier Dieu de me venir en aide. Moi l’athée, qui ne croit en rien et encore moins en une forme physique comme Dieu (n’importe lequel d’ailleurs). Je m’entends encore pleurer et supplier tout ce qui existe sur terre de me soulager.

La douleur est devenue intolérable. Mais le pire c’est encore d’attendre un soulagement qui ne vient pas. C’est alors que les sage-femme me disent qu’il faut m’examiner. Mais j’ai trop mal! « non, non » je sors dans un souffle de douleur. Puis les voyant continuer je crie « Ne me touchez pas!!! ». La sage-femme recule par la violence de ma réaction. Elle m’explique qu’elle doit m’examiner et qu’il va falloir bientôt pousser. Epuisée, complètement envahie par la douleur, je ne me sens pas le courage de pousser. Pourtant je sais que je devrai le faire depuis un moment déjà. En fait, j’essaye de le cacher depuis un moment mais les bruits gutturaux sortent malgré moi de ma gorge. Mon corps pousse tout seul contre ma volonté.

02h00 – Poussez madame!

« Allez Madame, c’est l’heure, c’est le moment de pousser. Je vous perce la poche des eaux et on y va. » Je ne réponds même plus, la douleur est à son comble. Elle a encore augmenté. Je ne pensais pas que ça pouvait être possible. Je veux juste mourir. Qu’on me laisse mourir et que je ne ressente plus de douleur. Je sens qu’on m’installe un bac en dessous des fesses. « Allez madame, encore un effort, soulevez vos fesses ». Pourquoi m’examine-t-on encore? Ca fait tellement mal. Ploc, une grande quantité de liquide coule. La poche des eaux est percée.

 » Allez Madame on y va. Votre bébé veut sortir. Levez vos jambes et poussez ». J’ai envie de leur dire que je ne veux pas accoucher sur le dos. Pour Tessa j’avais accouché sur le côté. Pour ce bébé je voulais accoucher accroupie. Mais je n’ai plus le courage d’ouvrir la bouche et de sortir le moindre son. Alors je pousse. La douleur est intenable et je sens en plus des choses inimaginables. Je sens concrètement les os de mon bassin s’ouvrir complètement. Je les sens comme si je les voyais s’écarter devant mes yeux. Ce n’est pas tant douloureux mais c’est la sensation qui est étrange. Puis je sais que la tête passe car je ressens cette brûlure au niveau des lèvres qu’on m’avait déjà décrite mais que je n’avais pas sentie pour Tessa. Je m’entends crier et dire que ça me brûle. La tête est sortie mais on me demande un dernier effort pour les épaules. Je ne peux pas. J’ai épuisé toutes mes réserves. Je sens que je vais m’évanouir. Je ne réponds même plus. Je n’ouvre plus les yeux. Je me laisse partir…

Soudain je sens qu’on m’attrape les jambes des deux côtés et qu’on me les remonte vers la tête. « Allez! Il faut sortir ce bébé! ». Je les entends crier, je les sens me soulever encore les jambes. Et ploc! Je sens les épaules se décoincer et le reste suivre. Soulagement…bonheur…euphorie…plus aucune douleur…

02h08 – Ma petite étoile est là

Ce cri de bébé! Rolala, ce son est celui que j’aime le plus au monde! Mon bébé est là. On me l’a pose sur le ventre et plus rien n’a d’importance. Ce petit corps tout chaud et humide. Quel bonheur intense. Je regarde Bastian et je le vois tout ému. Soulagement, c’est aussi ce qu’il semble ressentir. Je me rends compte qu’il a du assister impuissant à toutes ces heures de douleurs. On me reprend Estrella pour les soins de naissance. Heureusement cela se passe juste à côté de moi et Bastian l’accompagne déjà comme il l’avait fait pour Tessa. Enfin on me la redonne et je la met au sein. Elle prend tout de suite comme une championne. Ce que c’est bon cette sensation d’avoir son bébé tout collé contre soi et de pouvoir le nourrir.

Bébé a besoin de maman

Nous restons en peau à peau pendant les deux heures qui suivent. Je ne ressens plus aucune douleur et bien que fatiguée je sens un regain d’énergie. Estrella ne lâche pas mon sein. Dès que je le retire elle se met à pleurer. Il est clair qu’elle est bien plus secouée que ne l’a été Tessa à sa naissance. Je sens qu’elle a besoin d’être rassurée et de rester à mon contact. Les bébé doivent surement ressentir tout le stress et les sentiments entourant l’accouchement. Pas de problème, je suis prête à le tenir tout contre moi et à lui donner le sein aussi longtemps qu’elle le voudra.

Un placenta récalcitrant

Pendant ce temps les sage-femmes s’occupent de moi. L’une d’entre elles me dit  que je m’en sors sans aucune égratignure. Pas d’épisio et même pas de déchirure. Aucun point à prévoir! Par contre mon placenta fait de la résistance. Elles tirent dessus, elles appuient sur mon ventre mais rien n’y fait. J’avoue que je ne suis pas sereine à ce moment là. Après mon premier accouchement j’ai eu une mauvaise expérience avec mon placenta que j’avais très peur de revivre. Au bout d’un certain temps, 10 minutes, 20 peut être, je ne saurai pas le dire, la sage-femme me dit qu’elle va tenter quelque chose. Elle se met à faire des cercles avec ses doigts sur mes chevilles. Magie ou bon timing, le placenta sort d’un coup! Même elle semble surprise que ça ai fonctionné! Je demande plusieurs fois si le placenta est bien intact et elles me répondent que tout va bien. ouf!

Suite et fin

Il est l’heure de monter dans la chambre avec notre bébé. La suite se passera à merveille. L’installation de l’allaitement se fera très rapidement et Estrella ne perdra même pas de poids. Aucun problème ni pour elle ni pour moi les deux premiers jours c’est pourquoi je demande une sortie précoce un jour plus tôt. Nous rentrons à la maison mercredi midi et à 16h30 nous allons tous les trois chercher Tessa à la crèche. Le bonheur.


 

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3 réflexions sur « MON DEUXIEME ACCOUCHEMENT – ESTRELLA »

  1. Au lala j en ai les larmes aux yeux
    Sa me rappel mes 2 dernier accouchement
    Pour chipie déclenché et péri qui a pas fonctionné j ai hurler de douleurs et insulté les sage femme
    Et 11 mois après mon loulou a décidé de venir tout seul travail nikel que j ai bien supporter car arrivé a la mater ouverte a 5 je souhaitais pas la peri mais la la sage femme qui me rappel mes vieux démon de l l’accouchement de la chipie du coup accepter et la en salle entrain de souffrir en attendant l anesthésiste qui n arrivais pas j ai dit a cheri il vas arrivé je serais a 8 bingo quand il est arrivé
    Du coup il la fait quand même mais bien sur pas fonctionné et loulou qui voulais sortir j ai douillé et la sage femme qui me dit on attends un peu 5 min après j ai sonné et crié putain percé la poche merde (oups je suis mal polis )
    Et la elle a percé la poche et a même pas eu le temps de mettre de gants car je poussais déjà
    Elle me dit poussé pas mme et la énervé je lui sa fait trop mal
    Du coup hop en 2 poussé il etait la et pas d episio ni fissure le top
    Par contre après la peri a fonctionné maos que sur la jambe gauche et imagine quand j ai voulu allez faire pipi
    Je regrette ma faiblesse
    J aurais aimé faire sans et allez marché au lieu de rester dans une salle
    Je tenterais plus vu que plus de bébé malgré que l envis est la mais la raison est plus forte
    3 c est bien

    1. Ce n’est pas une faiblesse! Je ne comprends que trop bien ta décision de la prendre. Malheureusement, comme pour moi, la nature en a décidé autrement!

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