VENDREDI 13

VENDREDI 13

Je viens après la bataille exprimer mes sentiments par rapport à ce tragique vendredi 13 novembre 2015. Je ne viens pas, presque un mois après, pour raviver la douleur, rappeler la tragédie ou pour ressasser tout le négatif de cette tragédie. Non, je viens après avoir digéré tout ces sentiments de haine et détresse qui m’ont assailli. Mon titre peut paraître racoleur et faire un mauvais jeu de mot sur le concept de vendredi 13, je vous l’accorde. Néanmoins, je n’arrivais pas à mettre en titre des mots comme « tragédie », « attentats » ni même la date complète qui me ferait redouter tous les 13/11 de chaque année suivante comme on redoute les 11/09 depuis plus de 10 ans.

Ce vendredi 13 doit rester un événement unique, tragique et jamais reproduit ou craint. Je ne veux pas non plus qu’on associe les événements à un « malheureux hasard » comme le fait supposer le vendredi 13. Il n’y a aucun hasard derrière cela, mais bien de la préméditation, de la réflexion et du vice derrière le choix de cette date par les terroristes. Le 13 novembre était censé être la journée de la gentillesse et être une journée porte bonheur aux jeux. Ils ont détourné cette date pour nous montrer tout l’inverse. Seulement, ils ne s’attendaient pas à notre réaction. L’être humain a un réflexe de survie qui fait qu’il se relèvera toujours, souvent plus fort qu’auparavant.

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crédit photo: Esprit de France – pray for paris


Pourquoi cet article?

J’ai longtemps réfléchis avant d’écrire cet article. Je me suis souvent dit que je n’allais pas l’écrire d’ailleurs. A qui ferait-il du bien? A vous? Je ne le pense pas. Vous en avez vu passer tellement déjà. A moi? Oui sans aucun doute mais je ne voulais pas écrire des choses sous le coup de la colère et regretter plus tard. Alors j’ai pris le temps de digérer. J’ai pris le temps de ressentir tout ces sentiments parfois contradictoires. J’ai pris le temps de réfléchir au « après ». J’en suis arrivée à la conclusion que oui j’avais besoin de l’écrire cet article. tout d’abord pour moi, pour me libérer, pour évacuer et pour ne pas oublier.

Ensuite, pour vous lecteurs de mon blog. Pour vous, envers qui j’ai une certaine responsabilité en tant que blogueuse. On m’a plusieurs fois fait remarquer que même si je n’étais « qu’une maman parmi tant d’autres » je devais faire attention à ce que je publiais car les mots ont un pouvoir incontestable. C’est pourquoi quand je parle de santé, je ne parle que de mon vécu et je ne vous conseille jamais d’astuce dont je ne me soit pas servie d’abord. C’est pour ça aussi que je ne vous balance pas mes idées et mes ressentis à chaud. Je dois être responsable de chaque mot écrit dans ce blog.

Enfin, j’écris pour ma fille qui lira, je l’espère, ces mots dans plusieurs années. C’est pour elle que j’ai crée ce blog, pour lui créer des souvenirs, bons comme mauvais, pour lui inculquer les fondements d’une éducation juste et bienveillante envers elle-même mais aussi envers les autres, tous les autres.

L’éducation, la base de la paix durable

montessori education guerre

Je ne peux, malheureusement, pas vous mettre le lien d’où provient cette vignette car je l’ai chopée sur facebook le week end suivant les attentats. Néanmoins, la chère Maria Montessori a tout dit, comme souvent. C’est vous, c’est nous, c’est toi, c’est moi, qui éduquons les adultes et les politiciens de demain. Nous avons ce pouvoir mais surtout cette responsabilité de les éduquer de manière à leur permettre de faire les bons choix dans la vie.

Il me semble que le maître mot dans une bonne éducation bienveillante est « Respect ». Le respect de soit, le respect d’autrui, le respect des envies et du bonheur de tous et bien évidemment le respect de la planète qui est notre maison et mère nourricière. Apprenons à nos enfants à respecter les autres, les autres couleurs, les autres cultures, les autres façons de voir la vie. Apprenons leur aussi à se respecter eux-même, à s’aimer eux-même. Il est difficile de voir le bien chez l’autre quand on ne le voit pas chez nous. Apprenons leur que la communication et la tolérance sont les piliers du vivre ensemble. Apprenons leur à compter sur la communauté. Maman n’est peut être pas disponible ce jour là, ou peut être pas de bonne humeur mais papa est là ou mamie ou la voisine gentille ou le maître d’école. Soyons attentifs aux enfants qui nous entourent. Apprenons à décrypter leur souffrance et à les aider. Tout le monde n’a pas eu la chance de grandir dans un environnement « stable » ou « aimant » mais il y a d’autres personnes dans l’entourage de ces enfants. Ne vivons plus chacun chez soit, les yeux fermés ou tournés vers le sol. Regardez votre voisin, souriez lui, parlez lui. Vous n’aurez sans doute pas grand chose à vous dire au début mais par ce regard ou ce mot vous vous dites l’un à l’autre: « je sais que tu existe, je sais que tu es là et je te respecte en tant qu’être humain ».

La peur

On le sait tous, c’est la peur de l’inconnu qui nous pousse parfois à juger l’autre d’une manière plutôt négative. Mais si vous êtes un peu courageux, si vous trouvez la force de vous ouvrir à l’autre, vous serez souvent, si ce n’est tout le temps, récompensé par l’ouverture réciproque. « Tiens je te fais un méchoui, tiens je te fais un cassoulet, tiens je te fais une brandade de morue, tiens je te fais du poulet massala. Ah mais c’est ça cette odeur?!!! Moi qui pensais que tu invoquais les esprits vaudou, en fait tu faisais seulement la cuisine! »

Vous pouvez rigoler mais à qui ce n’est jamais arrivé de se faire une montagne d’une situation ou d’une personne et de se rendre compte au final que c’était loin de ce qu’on s’était imaginé?

Au delà de la peur de l’inconnu, il y a maintenant la peur du connu. La peur que des choses aussi terribles pourraient se reproduire. Cette peur est normale et je dirait même saine. C’est la peur qui nous fait être vigilants dans des situations risquées. Quoi de plus risqué qu’un pays menacé d’attentats surprise? Alors oui j’ai peur. Le lundi suivant les attentats je suis allée faire mon marché comme tous les lundis avec ma fille en porte bébé. J’ai voulu vivre ma vie comme tous les lundis mais je dois avouer avoir regardé partout et tout le monde avant de sortir de ma voiture. Pendant tout mon marché une phrase entendu aux infos résonnait dans ma tête « vous ne serez plus à l’abri nulle part. Je veux que vous ayez peur même en faisant votre marché ». Bravo petit con de terroriste, tu as réussi, j’ai peur pendant mon marché, mais tu sais quoi? J’y suis quand même allée et je t’emmerde royalement.

J’ai eu peur aussi lorsque je suis retournée au cinéma pour la première fois. J’ai eu peur de ce lieu rempli de monde, de cette salle noire, bloquée au milieu d’une rangée de sièges. Les 15 premières minutes du film j’ai ressenti une telle angoisse que j’ai failli partir. Je me suis mise à la place de ces pauvres gens au Bataclan. Heureux de partager un moment festif, inconscients du danger imminent et de la sauvagerie qui allait leur tomber dessus. Pas de chance, pour ce premier film, j’avais choisi l’avant première du dernier Hunger Games. Un film de guerre donc. Un film montrant le peuple se libérant de l’oppression. Mitraillettes et bombes toutes les secondes. J’ai passé ma soirée à regarder autour de moi et à scruter le moindre mouvement dans la salle. J’ai passé la soirée la boule au ventre c’est vrai mais j’y suis allée.

L’épreuve la plus difficile mais aussi la plus libératrice a été ce week end du 27/28 et 29 novembre: notre week end à Paris. Le vendredi 27 j’étais invitée à un événement de blogueuses dont je vous parlerai plus tard au Carré du Temple. Autant vous dire que nous étions à quelques rues des fusillades et du Batablan. Je suis passée devant tout ces lieux de recueillement, pleins de fleurs et de bougies. J’ai eu  la boule au ventre. Bien entendu, la logique m’a fait pensé qu’un rassemblement de mamans blogueuses avaient peu de chance d’intéresser d’éventuels terroristes. Néanmoins, il y a encore un mois, je n’aurai jamais cru que la terrasse d’un restaurant aurait pu être une cible. Heureusement, la journée de folie qui m’attendait m’a fait oublier tout ça.

Le lendemain, la boule au ventre était de retour car mon homme et ma fille arrivaient en TGV à la gare de Lyon, cible plus que probable pour ces enfoirés (oui je m’autorise un langage un peu fleurit exceptionnellement). Plusieurs fois je me suis détestée de leur avoir demandé de me rejoindre pour le week end. Plusieurs fois je me suis dit que je mettais leurs vies en danger pour un week end. Puis, je me suis dit que ce week end était prévu de longue date. Ma fille allait voir ses grand-parents dans le 92 et mon homme et moi allions passer notre première nuit à deux depuis la naissance de MiniNous. Il était hors de question que je gâche un si beau week end pour des terroristes lâches et stupides. Nous l’avons donc fait et je dois avouer que très vite j’ai pu profiter du week end à fond. Bien entendu j’ai gardé l’oeil alerte mais Choubidou et moi sommes allés place de la Concorde, à la Tour Eiffel et on a même fait les Champs Elysées sans aucune crainte. Le dimanche soir, nous avons pris les transports en commun, presque vides à cause de la COP 21, notre MiniNous dans le porte bébé. Nous avons affronter ensemble nos peurs, nous avons salué la belle dame de Paris et avons honoré toutes les vies arrachées quelques semaines auparavant en montrant que non, nous ne nous laisserons pas abattre!

Aux Armes Citoyens!

Je voulais finir cet article par un cri de rébellion: Aux armes citoyens! Citoyens parisiens, français mais du monde aussi. Ne laissez pas le terrorisme prendre le meilleur de vous. Ne soyez pas victimes mais guerriers. Non pas guerriers dans l’attaque mais dans la défense. Ripostez par la vie, ripostez par l’amour, ripostez par le bonheur.

Mais surtout, ripostez par la réflexion. Nous sommes en guerre. Le mot a été lâché à plusieurs reprises et je le crois vrai. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, contre l’obscurantisme et contre l’extrémisme. Nos politiciens sont loin d’être innocents dans cette guerre. Ils vous donnent la sensation de vous « protéger » en faisant des frappes contres Daesh mais qui leur a vendu toutes leurs armes? D’où sortent-ils autant d’argent? Comment une organisation sans patrie, sans foi, sans loi, sans fierté peut-elle commettre tant de dégâts? A qui va profiter cette nouvelle guerre mondiale? Réfléchissez bien aux tenants et aboutissants.

Voter ne sert plus à rien me direz vous. Je ne suis pas complètement d’accord mais je dirait qu’il y a d’autres façons de voter quotidiennement. Vous vous moquez gentiment de moi avec mes « lubies écolos et zéro déchet » mais d’où viennent les milliers de migrants arrivés il y a peu en Europe? Pourquoi ont-ils dû fuir leur pays? A cause de la guerre? A cause de Daesh? Oui aussi mais non ce n’est pas la raison principale. Les changements climatiques et écologiques sont tellement catastrophiques qu’ils ne peuvent même plus cultiver leurs terres pour se nourrir. Je vous en supplie, c’est un cri qui vient du coeur, consommez intelligent! Local, cela va sans dire mais surtout durable. Aujourd’hui ce ne sont plus vos votes qui votent mais votre argent! Chaque euro dépensé est un vote donné.  Pour qui souhaitez vous voter?

Tout est lié dans le monde. Nous sommes tous reliés les uns aux autres sans même le savoir, sans même s’en douter. Le battement d’aile du papillon n’est pas un mythe mais un effet domino réel. Vos actions d’aujourd’hui ont et auront toujours un impacte sur demain.

La solution? Le respect, la bienveillance, le partage, l’écoute, la tolérance. Enseignez bien tout cela à vos enfants, ils sont notre espoir.

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