Mes humeurs

JE TE DEMANDE PARDON

De maman à maman, d’amie à amie, merci d’être restée dans ma vie malgré la façon horrible dont j’ai agi ce jour là.

 

Le 8 mars dernier c’était la journée de la femme. Je me suis alors dit que c’était le jour idéal pour écrire un article sur une femme que j’admire. J’ai donc réfléchi quelques secondes à qui j’allai choisir mais au lieu de sélectionner Marie Curie ou Rosa Parks, un autre prénom s’est imposé à moi, le prénom d’une amie très chère, pour qui j’ai toujours eu un respect et une admiration immense.

Pourtant, en 2012, j’ai failli la perdre uniquement à cause de ma bêtise mais encore une fois son intelligence et bienveillance a sauvé notre amitié. Honnêtement, je ne pense pas qu’à sa place j’aurai eu autant de patience et que je n’aurai surement même jamais pardonné.

Pour écrire cet article j’ai dû aller fouiller ma boite mail pour retrouver nos échanges exacts. A peine tombée dessus je n’ai pu les lire. J’ai mal rien que d’y penser. J’ai honte. Le pire c’est que je ne me suis rendue compte de l’ampleur de ma mauvaise action que depuis quelques mois, depuis que moi aussi je suis devenue maman. Comment j’ai pu laisser passer presque 3 ans sans jamais me rendre compte de la grandeur d’âme qu’il lui a fallu pour pardonner mes propos. Je vais essayer de vous expliquer ce qui s’est passé sans pour autant trop toucher à l’intimité de mon amie et sans tout déballer. C’est quelqu’un de très pudique à la base et encore plus concernant cette histoire dont on a jamais reparlé.

Il y a trois ans, j’étais encore dans ma phase célibataire parisienne fraîchement débarquée dans la Drôme, dans cette drôle de petite ville qu’est Valence. J’étais loin de ces histoires de mamans et de bébés qui me passionnent tant maintenant. Aucune de mes amies n’avait encore d’enfant non plus à part elle. Une magnifique petite fille à croquer de deux ans. Comme nous étions très proches on se donnait régulièrement des nouvelles. Elle m’expliquait l’évolution de sa puce et moi je lui racontait mes péripéties de célibataire. Puis un jour elle m’explique qu’en ce moment c’est dur, que la petite a des terreurs nocturnes, que du coup elle est épuisée, qu’elle doit dormir avec elle toutes les nuits et qu’elle ne sait plus quoi faire. A l’époque elle avait pris la très bonne décision de consulter une pédopsy qui lui avait expliqué que ces terreurs nocturnes provenaient de ces propres terreurs à elle (peur de perdre le bébé pendant sa grossesse, envie de la protéger de tout et de tout le monde).  Mon amie a eu l’intelligence d’écouter la psy et d’accepter ce qu’elle lui a dit même si ça a été très dur pour elle. C’est là où j’arrive avec mes grands sabots de Madame je sais tout mieux que tout le monde insensible aux sentiments des gens et j’enfonce le clou ou même le couteau.

Alors que mon amie s’est confiée à moi sur un sujet qui lui était très pénible et douloureux, en espérant un peu d’écoute et de soutien de ma part, tout ce qu’elle a eu c’est une leçon de morale donnée par une incompétente sur le sujet abordé. Et même si j’avais été compétente, ce n’était ni ma place ni mon rôle d’en rajouter. Une véritable amie l’aurait simplement écoutée et soutenue. J’ai été minable vraiment mais pire encore je lui ai dit des choses qu’aujourd’hui je vis exactement comme elle! Quelle hypocrite je fais. Je me déteste pour ce que j’ai dit. Encore une fois, dans un soucis de respect de sa vie privée et pour faire vite, je vous donne les grandes lignes de ce que je lui ai répondu et je vous copie-colle le passage le plus hypocrite de mon mail.

– Je commence par lui passer de la pommade genre « je te dis ça parce que les vrais amis se disent tout  » (pfff les vrais amis épargnent les sentiments des autres).

– Je continu en lui disant que tout ce que la psy lui avait dit je le savais déjà sauf que je n’avais pas eu le courage avant de le lui dire (pfff bien sûr je suis madame encyclopédie, je sais tout mieux et avant tout le monde).

– Je repasse un coup de pommade en lui disant qu’il ne faut pas prendre mal ce qui va suivre parce que c’est une maman formidable (ça au moins c’est une vrai vérité et heureusement que c’est une amie formidable aussi…).

– Je lui alors qu’en effet je trouve qu’elle la couve trop, que ce n’est pas lui rendre service, que c’est chiant de devoir faire attention à tout ce qu’on dit et fait devant elle comme par exemple la traiter de vilaine quand elle fait une bêtise, ça ne passe pas. (mais put***, aujourd’hui, si une seule personne se permet de dire des choses négatives à ma fille sans en parler avec moi d’abord elle se prend un aller-retour bien dosé! Merci à la parentalité positive et bienveillante que je découvre à peine!)

– Et voilà THE passage hyper hypocrite décrivant une situation dans laquelle je me retrouve à 300% aujourd’hui (le copié collé est véridique!):

« Ensuite, je pense (et là je pèse énormément mes mots car je ne suis pas dans ta vie donc ce n’est qu’un ressenti très personnel) que tu ne laisse pas assez de place à ******(son homme et papa de sa fille) dans votre vie de parents. Là pareil je te vois déjà ne même plus me répondre et effacer mon numéro de téléphone donc si c’est le cas stp pardonne moi! D’après ce que tu me dis ******* a ses défauts aussi, il pourrait s’imposer plus, être plus présent, prendre plus d’initiatives mais je PENSE que le peu de fois ou il essaye tu as tendance à le casser. Pas parce que tu es méchante mais parce que tu estime que ce n’est pas la bonne façon de faire surtout quand ça touche à *****(sa fille). Alors peut être qu’au bout d’un certain temps ****** décide de se retirer un peu du rôle de « parent » et adopte plutôt celui du papa-copain-rigolo de *****(baby girl). Forcément, pour toi ça veut dire plus de responsabilités et plus de stress. Je PENSE que la vie de couple ou de parents est comme de gérer une équipe (ce que tu connais bien), il faut savoir déléguer même si on sait que les choses ne vont pas forcément être faites comme nous on le ferai ou aussi bien qu’on le voudrait. »

Mais MORT DE RIRE QUOI!!!! Aujourd’hui je suis pire que dans cette situation! Dès que choubidou décide de prendre les choses en main avec Mini-Nous, je suis tout le temps derrière lui: tiens la plus haut, non là elle pleure parce qu’elle veut dormir pas parce qu’elle a faim, couvre la plus, fait comme ci fait comme ça. Et à l’inverse, quand il me laisse faire: « mais tu peux pas m’aider non? Je fais tout ici gnagnagna ». Sérieusement, je m’énerve et me dégoûte moi-même de tant d’hypocrisie!

– Je finis le mail en lui répétant que c’est une super maman, j’énumère même toutes les choses qu’elle fait pour sa fille et que je trouve extra et je conclu en lui rappelant qu’elle est très importante pour moi et que j’espère que mon mail ne changera rien à notre amitié.

Je n’ai jamais eu de réponse directe à ce mail. Simplement un silence radio un peu plus long que d’habitude. Puis un jour, quelques semaines seulement après mon horrible mail, j’ai reçu un mail groupé avec des photos de baby girl. Puis un autre, puis un autre. J’ai alors essayé de renvoyer des mails plus personnels et j’avais des réponses mais beaucoup plus succinctes et générales qu’avant. Puis les mois ont passé et la distance aidant (elle à Paris, moi à Valence), nos échanges se sont fait plus rares. Cependant, nous n’avons jamais coupé le lien. Aujourd’hui nous échangeons sporadiquement mais avec grand plaisir. Je penses que de son côté c’est pardonné même si ce n’est surement pas oublié mais de mon côté une gêne est restée, due au fait que j’ai toujours senti et su que j’étais allée trop loin. Malheureusement, il m’aura fallu presque trois ans et l’expérience de devenir moi-même maman pour comprendre à quel point j’étais allé loin et la gentillesse qu’il a fallu à mon amie pour ne pas couper définitivement les ponts avec moi. J’espère être au moins la moitié de la maman qu’elle est et redevenir la véritable amie que j’étais avant. En attendant, je n’oublie pas que cette amie avant de le devenir était une collègue de travail et une supérieur exceptionnelle qui m’a appris à aimer et respecter le monde du travail. Je n’oublie pas que lorsque je me suis retrouvée seule, sans amis, la famille loin de moi et trompée par mon ex pour qui j’avais tout quitté, c’est elle qui m’a soutenu, c’est elle qui m’a fait reprendre confiance en moi et qui m’a aidé à m’aimer de nouveau. Je n’oublie pas que c’est encore elle qui a toujours répondu présente à mes appels, à mes textos et à mes mails et cela peu importe la distance et les années.

A toi, ma très chère amie, je veux te demander pardon pour ce que j’ai fait et te dire que tu a été et est toujours un exemple pour moi. Je veux te remercier d’être restée dans ma vie. Merci et longue vie à notre amitié!

 

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1 Comment

  • Reply mère pas parfaite (mère pas cailloux) 18 mars 2015 at 20 h 32 min

    Je ne dirai qu’une chose: superbe lettre.
    tu as pris bcp de recul sur ce moment passé et tu as eu du courage aussi de l’ecrire 🙂

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