Ma vie de femme

NOIR C’EST NOIR

Tout va bien, je vais bien, le verre est toujours à moitié plein

En tout cas c’est mon refrain. J’essaye toujours de relativiser, de toujours voir le bon côté des choses. Quand le moral est en baisse j’essaye de me rappeler que toujours après la pluie vient le beau temps. Quand vraiment je me sens accablée de tous les côtés par de mauvaises nouvelles, je fais la liste de tout ce qu’il y a de bien dans ma vie à commencer par la santé, ma fille et mon homme et en continuant par ma famille et mes amis. Cependant, cette semaine ça devient difficile de rester positive.J’aurai dû m’en douter en plus. Quand tu commence par te lever déjà fatiguée dès le lundi matin tu sais que ça ne va aller qu’en empirant. Même l’univers a essayé de m’ouvrir les yeux: J’ai cassé un miroir lundi et mon chat a cassé la salière en verre par terre. Ça porte malheur ces choses là c’est bien connu.

Pourtant Lundi malgré ma fatigue, le moral était au beau fixe. Un superbe soleil dehors et une motivation intacte pour mon nouveau programme WW (weight watchers) je prends la poussette, ma MiniNous et en route pour le marché à pied pour faire d’une pierre 3 coups: balade avec pepette, exercice physique et achat de fruits et légumes bons pour la ligne, la santé, pour la planète et pour nos agriculteurs drômois. Tout se passe bien jusqu’à ce que MiniNous commence à être grognon l’après-midi. Je ne m’inquiète pas trop car d’habitude elle est hyper souriante donc elle a le droit de temps en temps de ne pas être dans son assiette. Choubidou finit tôt ce jour là et passe donc l’après midi à travailler sur notre terrasse. Des caisses pas ci, des pots par là, des graines, du terreau = un choubidou en plein kiff. Comme il avait assuré tout le week end avec MiniNous je le laisse profiter de son après-midi même si je n’ai qu’une envie, faire une sieste et lui laisser baby girl et sa mauvaise humeur du jour.

bastian terrasse

Arrivée à 19 h, choupinette pleure encore et toujours et en plus une plaque rouge est apparue sur sa joue. Ça commence à sérieusement m’inquiéter et après avoir posé la question à d’autres mamans sur FB, je décide d’appeler le 15 qui me conseille d’aller aux urgences pour faire vérifier cette plaque. Choubidou dîne en 2 minutes express pendant que moi je garde poupette contre moi dans l’écharpe. Puis on file à l’hôpital. 2 heures d’attente plus tard: pas d’inquiétude, ce n’est « qu’un » érythème qui peut être dû à un frottement ou autre mais sans gravité. En effet, MiniNous a une peau très sensible comme son papa. Nous rentrons à la maison, dernier biberon et hop au lit. Malheureusement, pepette chouine toujours un peu et choubidou ronfle donc je finis par m’endormir à 1 h…4 h 30 MiniNous se réveille en fanfare.

090315 tessa plaque rouge joue

Le matin du mardi, après une nuit difficile avec bébé grognon, je laisse choubidou prendre le relais à 9 h pour dormir deux heures avant qu’il parte au boulot à 13 h 30. Malheureusement, ces deux heures de sieste matinale ne m’ont pas suffit et même la douche ne me revigore pas. L’après-midi est chaotique, MiniNous n’est paisible que dans mes bras. Je ne peux pas la poser 5 minutes même pour manger. C’est horrible ce que ça me rappelle les premières semaines de l’allaitement. Pourtant, dans les bras elle s’endort en 30 secondes, puis je la pose et même pas 2 minutes plus tard elle se remet à crier. Je ne comprends pas, elle qui avait pris un super rythme ces derniers temps: dodo jusqu’à 6 heures biberon, 1 heure de sourires et de jeux avec maman, 1 h de tranquillité dans son transat pendant que je fais autre chose, 1 h 30 de dodo, réveil tranquillou et re biberon et re rythme tranquillou. Pourtant elle n’a pas de fièvre et je ne vois pas où elle pourrait avoir mal. Je n’en peux plus, la fatigue et le fait de voir mon petit cœur si mal détruit le reste de bonne humeur qui me restait. J’ai hâte que choubidou rentre à 20 h 30 et de pouvoir respirer 5 minutes.

040315 tessa écharpe

Choubidou arrive enfin et me prends une MiniNous toujours en pleurs des bras. D’habitude, ça marche à tous les coups, dès que bébé voit papa et va dans ses bras, elle se calme. Cependant, il est fatigué de sa journée de travail et n’a toujours pas dîner. Je sens que sa patience, déjà en général beaucoup plus basse que la mienne, est quasi inexistante. Du coup, bébé pleure de plus belle. Je la reprends donc dans mes bras et vais me réfugier dans notre chambre. Après son repas, choubidou essaye de la reprendre dans le salon avec lui mais elle pleure, pleure, pleure et lui n’a toujours pas de patience et met le son de la télé de plus en fort ce qui a le don de me rendre folle. Je ne peux pas garder le peu de patience qui me reste pour m’occuper de bébé et supporter sa mauvaise humeur à lui. Je lui reprends le bébé et vais dans notre chambre, me mets dans le noir, sous la couette, avec ma crevette dans les bras qui finit par s’endormir. 22 h 30 je lui donne son dernier bib. L’homme vient se coucher et on parle un peu dans les bras l’un de l’autre, plongés dans le noir pendant que pupuce s’endort dans son landau. Ça me fait un bien fou d’être dans ses bras et même si  je suis complètement épuisée, je ne veux pas m’endormir tout de suite pour profiter encore un peu de cette sensation.

Mercredi matin, 4 h MiniNous se réveille. J’essaye de la faire tenir jusqu’à 5 h pour le biberon et vais dans le salon avec elle. Choubidou est du matin et se réveille vers 7 h. Quand il arrive dans le salon j’ai toujours bébé dans les bras car si je la pose elle se met à pleurer. A 9 h j’ai rdv à la PMI. Je lui explique ce qui se passe en ce moment. Elle ausculte MiniNous qui comme d’habitude à l’extérieur est plutôt calme et souriante. Elle ne lui trouve rien de bizarre. Je lui explique qu’elle salive beaucoup et lui demande si les dents pourraient déjà la travailler. L’infirmière me répond que ça peut commencer en effet ou alors se sont ses reflux qui l’embêtent et me conseille de continuer le Gaviscon et de penser au lait épaissi si ça ne va pas mieux. Elle m’explique également qu’elle peut être grognon car elle engrange beaucoup d’informations pendant nos balades et a besoin d’extérioriser. Bref, pas vraiment de solution à tout ça à part la patience. Avant de rentrer à la maison, on passe par le boulot de choubidou pour lui faire un coucou et j’en profite pour donner le biberon à MiniNous qui est toujours chouineuse.

090315 (3)

Le midi encore impossible de manger tranquillement. Ca fait 3 jours, je n’en peux vraiment plus. Je craque, je pleure et comme souvent je vais me réfugier dans la nourriture. Un twix et un bol de céréales plus tard, les pleurs commencent à diminuer, MiniNous commence à s’endormir dans son transat. Puis bam! le chat fait du bruit et elle se réveille en pleurs. 16h30, Choubidou rentre à la maison. J’ai toujours un bébé grognon dans les bras mais là je n’en peux plus et je le lui ai fait savoir plusieurs fois par texto. Il faut qu’il prenne un peu le relais là. Il vient me faire un bisous et repart. Je lui demande de rester un peu avec moi, il me dit qu’il a encore pleins de sacs de terreau dans le coffre mais qu’après il viendra. Ok, je peux bien lui laisser encore 10 minutes, je ne suis plus à ça prêt. Je l’entends faire des allers retours, 10 minutes passent, je l’entends sur la terrasse, il ouvre les sacs de terreau. A ce moment précis je deviens folle de rage. J’ai encore un bébé en pleur dans les bras qui commence à s’endormir en chouinant donc je ne peux pas aller voir l’homme mais je bouillonne intérieurement. Qu’est ce qu’il fout sérieux??? J’ai besoin de lui et lui il fait mumuse sur la terrasse.

Une heure plus tard, bébé pleure de nouveau, l’homme se décide à venir nous voir dans la chambre: « et bah dis donc elle est pas facile aujourd’hui ». Alors là j’explose: « mais putain ça fait 3 jours et 3 nuits qu’elle est pas facile, je te l’ai dis toute l’après-midi! Toi t’arrive et tu te barre direct jouer les jardiniers. Ca te viendrai pas à l’esprit de me donner un coup de main non? ». Il me répond en me prenant enfin le bébé des bras et en s’en allant dans le salon avec: « mais putain je viens à peine de finir le boulot, je ne peux même pas prendre quelques minutes pour souffler? ». Il se fout de ma gueule ou quoi???? J’en pleure de rage seule dans la chambre tellement il est injuste. Je lui ai laissé une heure pour décompresser, je lui ai laissé sa soirée complète d’hier, je lui ai laissé toute son après-midi lundi. Et puis merde! Il n’a pas non plus un boulot hyper dur, il travaille à la réception d’un hôtel. Alors oui il est polyvalent et il peut lui arriver de donner un coup de main au resto ou de changer 2,3 ampoules à droite à gauche mais faut pas pousser. J’échange sa journée milles fois contre la mienne! Qu’il ne comprenne pas ça de lui même me rend folle!

130315 tessa bain

Une heure plus tard, baby girl pleure de nouveau et de toute façon il est l’heure du biberon. Je la lui reprends, il file de nouveau sur sa putain de terrasse. 18h30 il rentre vu qu’il est nuit, il ne peut plus bosser sur la terrasse. MiniNous est un peu calme je lui demande donc de venir lui donner le bain avec moi. On passe une heure dans le calme avec une bébé calme et souriante. Je la masse, lui passe de la crème pendant que l’homme lui fait des grimaces et la fait sourire. A la fin du bain elle est plutôt calme et il en profite donc pour dîner. Cependant, elle se remet vite à chouiner, je file donc rapidement dans la chambre, dans le noir avec elle dans les bras qui s’endort en quelques secondes. Je suis exténuée, j’en veux à l’homme et je n’ai plus envie de rien. Je reste donc sans bouger avec ma puce dans les bras. Il vient me voir et me demande si je veux qu’il prenne le relais pour aller dîner. Je lui réponds que non, je n’ai pas faim. Il comprends bien que je ne suis pas d’humeur et repars dans le salon mater la télé. Je n’arrête pas de pleurer. Je suis à bout. Je suis fatiguée. Je me sens seule. Je lui en veux terriblement. J’ai de la peine pour ma MiniNous. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir comme ça. Le pire c’est vraiment ce sentiment de solitude. Ma famille et mes amis sont loin et que mon mec n’ai pas envie de passer 5 minutes avec moi me rend forcément triste. Je sais qu’il bosse et que quand il rentre ça ne doit pas être agréable d’avoir un bébé qui pleure et une femme en pyjama avec des cernes de 3 jours avec une humeur de chien. Mais merde! Si on ne se soutien pas mutuellement qui va le faire? C’est peut être idiot, mais mon seul soutien dernièrement c’est la blogosphère et toutes ces mamans qui partagent leur expérience et leur vies avec moi sur Facebook. Ça peut paraître pitoyable de s’appuyer autant sur des relations virtuelles mais parfois elles valent plus que certaines relations IRL (in real life). Personnellement, je remercie énormément certaines mamans/blogueuses pour leur soutien. Sans ces relations je me sentirai bien seule.

Il vient se coucher à 21 h 30 et me demande d’éteindre la lampe de chevet. Moi à moitié endormie avec bébé dans les bras, je lui réponds sèchement que dans une heure je dois lui donner le dernier bib et que si j’éteins ce sera encore plus dur de me lever. Ça le vexe et il file dormir dans le salon. D’habitude j’aurai réagit, je l’aurai retenu, excusée et je lui aurai fait un câlin dans le lit car je suis de celles qui ne veulent pas se coucher fâchés. Mais là j’en ai trop gros sur la patate. Je lui en veux trop. S’il veut dormir sur le canap, pour une fois, ça ne lui fera pas de mal. il passera une nuit complète sans être réveillé et moi je donnerai les bibs plus à l’aise la nuit. MiniNous prends son dernier bib à 22 h 30 et s’endort de suite. Je me dis que peut être elle me fera une de ses nuits habituelles jusqu’à 6 heures du matin…

Jeudi, 3 h 30 loupé! MiniNous est réveillée. 4 h biberon, on se rendort. Elle chouine toutes les demi-heures. Je lui remet sa tétine. 7 h 30 L’homme vient la prendre. je lui dis que le prochain bib est à partir de 8 h mais s’il peut lui donner un peu plus tard ce serait mieux. Je me rendort enfin. 9 h 30 je me réveille encore épuisée. je n’ai pas envie de bouger du lit. il n’y a pas de bruit dans l’appartement. Je ne veux pas ouvrir les yeux et affronter cette nouvelle journée. Je n’ai plus la motivation ni le courage. 10 h, j’appelle Bastian dans la chambre. Il me dit que MiniNous a pris le bib à 9 h et que là elle joue dans son transat.

030315 Tessa transat

Je lui dis qu’il faut qu’on parle. Il se pose sur le bord du lit. Je l’aime tellement que j’ai envie de le prendre dans mes bras. Je sais qu’il s’en veut mais qu’il ne comprends pas l’ampleur de mon malaise. Je lui dis tout, toute la rancœur que j’ai envers lui. Je lui remémore les 3 derniers jours et les moments où moi je me suis mis à sa place et où je l’ai laissé souffler mais aussi les moments où je me suis sentie seule, démunie et où lui aurait dû se mettre à ma place et prendre le relais. Je lui en veux et en même temps je suis tellement fatiguée que je ne peux retenir mes larmes. Il me dit qu’il comprend et qu’il aurait dû réagir autrement. Qu’il fera mieux la prochaine fois. Le soucis c’est que j’ai atteint un pallier de fatigue et de rancœur qui m’empêchent de faire comme j’aurai fait: lui faire un bisous et repartir affronter cette journée de bonne humeur. Je lui dis qu’on a trop souvent cette même conversation depuis l’arrivée de MiniNous, que parfois il est génial et même plus que parfait, que parfois il fait des choses avant même que je pense à lui demander, que parfois il s’occupe à merveille de sa fille mais que trop souvent il faut que je lui demande, que je lui fasse comprendre que là c’est abusé sa réaction, que là je suis à bout et que j’ai besoin de lui. Il comprend que cette fois-ci ça ne passera pas comme les autres fois. Il repart alors de la chambre et commence à faire le ménage et à passer l’aspirateur. C’est con ce que je vais dire et je le sais, je sais qu’il fait ça pour penser à autre chose, pour éviter une discussion trop longue et redondante, mais moi je le prends mal. Pour moi c’est un double affront: en gros il me fait comprendre que l’appart est sale, ce qui est vrai mais dur de faire quoique ce soit avec un bébé qui pleure dans les bras et il me fait comprendre qu’il préfère passer l’aspi plutôt que de passer quelques minutes avec moi. Toute cette dernière phrase est fausse, même moi je m’en rends compte, je le connais bien, je sais qu’il fait ça pour évacuer, pour éviter une dispute qu’il sent arriver avec ma mauvaise humeur, mais je n’y peux rien ça me fait mal.

11 h 45, je suis sur le canapé avec ma MiniNous, on joue, elle sourit, ça fait du bien. C’est l’heure pour lui de partir au travail. Il fait un câlin à sa fille et se penche pour m’embrasser. Je réagis mal, je le sais, mais je lui en veux encore et toujours alors je lui tends ma joue. Ça le surprend, ça le choque, il se relève sans me toucher et s’en va au travail. Ça ne nous est jamais arrivé. On ne se quitte jamais fâchés. On ne sait jamais ce qui peut nous arriver. La vie est trop courte et les disputes pas assez importantes. Il ne faut jamais partir fâchés. Il est 15 h et je n’ai toujours pas de nouvelles de lui. Je sais que je devrais faire le premier pas, j’en ai envie mais bizarrement je ne le fais pas. Je suis trop fatiguée. Je veux qu’il comprenne que cette fois ci, c’était trop pour moi. Je veux ne plus avoir à discuter de nouveau sur le même sujet. Pourtant je sais que de son côté il doit être malheureux. Je sais que le téléphone doit le démanger. Mais je sais aussi qu’il a été blessé de ma réaction de rejet avant son départ. Je sais qu’il pense, à juste titre, ne pas mériter un si dur traitement. Je le sais tout ça mais je n’ai pas le courage de faire le premier pas. J’ai envie de me morfondre un peu même si ce n’est pas mon habitude. J’ai envie qu’il réfléchisse un peu et qu’il se dise: oui là c’est allé loin mais si c’est allé aussi loin c’est que vraiment ça ne va pas.

Voilà, c’est ce qu’on appelle la loi des séries. Il n’y a pas grand chose à faire à part encaisser les coups et relever la tête. C’est sûr qu’il y a pire dans la vie et ma situation est loin d’être désespérée. Mais parfois, même les plus optimistes ont besoin de craquer. L’écriture est mon défouloir à moi et heureusement qu’elle est là. C’est vrai que j’utilise mon blog comme un journal intime et même pas de façon anonyme mais c’est le défouloir et la façon de faire qui me convient. Je sais aussi que je suis loin d’être la seule à passer par des phases comme celle ci surtout lors d’une première maternité alors je partage, je lance ma bouteille à la mer. Si par chance quelqu’un la réceptionne et que ça lui parle tant mieux. Sinon, laissez ma bouteille et les problèmes qu’elle contient voguer loin de moi…

PS: MiniNous semble aller mieux. Elle était tout sourires ce matin et depuis son bib de 13 h elle dort paisiblement dans son landau. Je vais aller manger un bout et prendre contact avec mon choubidou qui me manque terriblement…

090315 Tessa Bastian

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  • Reply TESSA – 3 MOIS - CherMininous 5 juillet 2015 at 12 h 41 min

    […] J’ai d’ailleurs un exemple précis de ce genre de situation que jeQQA raconté ici. De plus, notre soirée en amoureux mensuelle est une vrai bouffée d’oxygène pour nous deux […]

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