MON PREMIER ALLAITEMENT

Pour moi le choix était déjà fait depuis longtemps. C’était simplement une évidence: oui quand je serai maman j’allaiterai. Par la suite, mes amies ont commencé à tomber enceinte autour de moi et à chaque fois que je posais la question: est-ce que tu vas allaiter? La réponse était souvent négative. N’osant rien dire de peur de les contrarier je n’ai jamais demandé pourquoi alors que pour moi ça semblait si naturel. Voici l’histoire de mon premier allaitement.

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Pendant ma grossesse

Puis est venu mon tour de tomber enceinte. Je m’inscris alors aux cours de préparation à l’accouchement. Lors d’une séance la sage femme nous demande qui parmi nous compte allaiter. A mon grand étonnement, nous ne sommes que deux à lever la main. Pire! Certaines ne souhaitent même pas faire la tétée de bienvenue. Pourquoi refuser une chose si simple à son bébé?

A peu près au même moment, l’une de mes meilleurs amies, qui vient d’accoucher, m’informe qu’elle lâche l’allaitement au bout de 3 semaines. Elle m’explique qu’elle ne supporte pas de devoir se mettre à la disposition du bébé. Pire encore, qu’elle se sent prisonnière de cette situation. Je la connais bien mon amie. Je sais que sa fille c’est tout pour elle et qu’elle est loin d’être « chochotte ». Alors même si je ne comprends pas ses raisons, je respecte son choix.

A la suite de toutes ces situations, je commence à me poser des questions sur l’allaitement. Pourquoi tant de refus de le faire? Pourquoi tant de mamans lâchent l’affaire dans les premières semaines? Serait-ce plus difficile que je ne le crois?

A la maternité

Arrive enfin le moment où c’est à moi de devenir mère, ce dimanche 28 décembre 2014. Dans l’émerveillement de mon post-accouchement, encore dans la salle de travail avec ma petite merveille collée sur ma peau, je vis enfin ce moment si sublime qu’est la tétée de bienvenue. De voir ce petit être agripper mon sein avec sa toute petite bouche rose et téter comme si elle l’avait toujours fait, c’est juste incroyable. Un sentiment de fusion totale avec ma bébé qui me remplie de bonheur!

Les jours qui suivent sont un peu fatigants mais j’y suis préparée. Ma sage-femme a répondu à toutes mes questions. J’ai énormément lu sur le sujet et le personnel de l’hôpital est très présent pour m’aider à mettre en place l’allaitement. Je sais qu’avant la montée de lait vers le 3ème jour, il y a d’abord le colostrum. Que ça peut être douloureux les deux premières semaines. Le temps que les tétons se « tannent ». Je sais qu’il faut la nourrir « à la demande ». Je sais que malgré tous les doutes que je pourrai avoir mon lait sera toujours bon et en quantité suffisante. Bref, je me sens prête à aborder cette partie de ma maternité de façon sereine.

Des conseils contradictoires

Les premières semaines c’est surtout la fatigue qui est dure à gérer. MiniNous est très demandeuse de tétée et pleure beaucoup. Je dors rarement plus de 30 minutes d’affilé que ce soit le jour ou la nuit. Je lis des forums, des blogs, j’en parle avec ma sage-femme et avec d’autres mamans. On me dit un peu tout et son contraire.

  • Il faut la nourrir à la demande VS il faut la nourrir toutes les deux heures.
  • Il ne faut surtout pas la réveiller la nuit même pour téter VS Il faut absolument la réveiller pour téter car elle est petite et il faut qu’elle prenne du poids.
  • Si ton bébé réclame la tétée c’est qu’elle a faim, il faut toujours lui donner VS ton bébé n’a peut être pas faim elle a peut être envie de téter pour se réconforter. Ne tombe pas dans la solution de « facilité » de lui donner le sein au moindre pleur.
  • Essaye de lui donner une tutute VS Non malheureuse! surtout pas de tutute, elle risquerai de ne plus prendre ton sein correctement car la succion est différente
  • Au bout de 10 jours Mini-Nous ayant pris peu de poids, on me conseille de lui donner un petit complément d’artificiel le soir pendant quelques jours VS une semaine plus tard elle a pris 300g au lieu des 150g recommandées: elle a trop pris trop vite! Il faut la freiner! Trop lui donner à manger peut lui donner mal au ventre du coup, des pleurs que tu prends pour de la faim peuvent être des pleurs de douleurs.
  • Quoi?!!! Elle ne fait caca que tous les 8 jours? C’est que tu ne la nourri pas assez! VS Oh ne vous inquiétez pas, chez les bébés allaités les selles peuvent être très espacées. ah mais quand même au bout de 8 jours mettez lui un petit suppo.

Mais merde! Comment reconnaître quel pleur correspond à quel besoin? Est-ce que j’affame ma fille? Est-ce qu’au contraire  je la nourri trop et lui donne du coup mal au ventre? Va-t-elle me laisser un répit plus long que 45 minutes un jour?

1 mois d’allaitement

Au bout d’un mois je suis à bout. Je suis crevée à tel point que j’ai l’impression de vivre dans du coton. Ma MiniNous pleure toujours autant. Elle prends du poids donc ça va mais je ne sais pas si mon allaitement lui suffit. Je ne sais pas si je vais supporter encore longtemps ce rythme. Je pleure de fatigue et de frustration. On me dit de me calmer car la petite ressent tout ce stress. Oui mais comment me calmer quand je suis dans un tourbillon d’incertitudes saupoudré de 30 jours/nuits sans véritable sommeil?

« Dors en même temps que ta fille ».

Je veux bien moi mais elle se réveille tout le temps ou chouine ou ne veux pas que je la pose 5 minutes. Alors je m’endors avec elle dans mes bras, parfois même pendant une tétée tellement je suis épuisée.

La tempête dans ma tête

Tous les jours je me dis que je vais arrêter l’allaitement. Que je n’en peux plus. Que je ne peux pas vivre dans cette situation et qu’en plus je fais subir à MiniNous tout ce mal-être. Puis, je me résonne et je me dis que je lui donne tout de même ce qu’il y a de mieux. Un lait complètement naturel, adapté à tout moment à ses besoins, un lait qui d’après moult études la protégerait d’innombrables maladies.

Mais nous partageons également un moment complice de tendresse. Car, oui l’allaitement est difficile, oui j’ai eu un peu mal au début, oui je suis épuisée mais quel bonheur quand ma fille me regarde amoureusement dans les yeux tout en tétant. Quel satisfaction de la voir s’endormir repue, une goutte de lait au bord des lèvres. Alors 15 fois par jour je décide d’arrêter l’allaitement et 15 fois par jour je me motive à le continuer pour toutes les bonnes raisons citées ci-dessus.

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J’arrête, je continue

Il y a des jours plus difficiles que d’autres. Et puis il y a des jours où j’ai l’impression que tout roule, qu’on a enfin trouvé un rythme et puis patatra! Un jour de merde où MiniNous pleure toutes les demi-heures, où je passe 20h/24h les nénés à l’air, où je n’ai même pas le temps de prendre une douche, d’aller aux toilettes ni même de manger. La culpabilité me ronge dans les deux cas: si j’arrête l’allaitement je prive ma fille du meilleur pour mon petit confort personnel. Si je continue l’allaitement, je suis misérable, je le fais ressentir à ma fille et je n’ai jamais l’impression de la nourrir à sa faim.

Soutenue par mon chéri qui, lui même, est passé de anti-allaitement pendant la grossesse « parce que les nénés c’est à moi pas au bébé » au pro-allaitement dans les premières semaines de MiniNous « allez chou tiens le coup, je sais que tu es crevée mais tu donnes le meilleur à notre fille », je décide de couper la poire en deux et je rajoute un complément d’artificiel tous les soirs.

Culpabilité et incertitudes

Au début, je me sens terriblement coupable. Puis, je me rends compte que MiniNous fait un nuit de 4h. Puis une nuit de 5h. Parfois même une nuit de 6h. Il arrive qu’elle redescendeà 3h mais ça reste tout de même plus appréciable que ses meilleurs nuits de 45 minutes! Je redeviens plus lucide grâce à ces heures de sommeil supplémentaires. Les pleurs et les tétés restent toujours très fréquents le reste de la journée, donc rien n’est gagné. Le doute et la frustration sont toujours là. MiniNous prends du poids mais les selles sont toujours très espacées. Les incertitudes et mon mal-être persistent. Les tétés deviennent parfois un véritable fardeau.

L’introduction des compléments

Puis arrive le moment où je décide d’aller prendre l’air l’après-midi en la laissant à son papa. Je sais que je suis chronométrée. Je viens de lui donner la tété pendant 45 minutes, elle devrait pouvoir tenir 2 heures. Mais à peine dehors, je sais au fond de moi qu’elle ne tiendra jamais si longtemps. Je rentre  moins d’une heure après, stressée à l’idée qu’elle ai eu faim et ça ne rate pas! Je me dis que je n’aurai jamais une heure à moi. Je commence à comprendre mon amie et son impression de dépendance et d’emprisonnement.

La semaine suivante je décide en commun accord avec le papa de rajouter un biberon si besoin soit vers midi pour qu’elle nous laisse déjeuner sans avoir à la prendre dans les bras soit dans l’aprem pour qu’on puisse se balader tranquillement avec elle. Ce deuxième biberon me soulage encore plus. J’ai enfin l’impression de vivre et de profiter de ma puce sans me poser milles questions. Ce deuxième biberon devient régulier et chéri me demande si je commence le sevrage. Je lui réponds horrifiée que non! Mon objectif est de tenir au moins jusqu’à ses 3 mois.

L’allaitement mixte

Quelques jours plus tard nous décidons de nous faire notre première soirée en amoureux: resto + ciné. Pas de chance, dans la journée je n’ai pas le temps de tirer mon lait. Un troisième biberon doit donc être rajouté ce jour là. En rentrant le soir, la baby-sitter nous explique que tout s’est bien passé et que la petite a été plutôt sage alors qu’on l’avait prévenue qu’elle pleurait beaucoup. Clairement les biberons la calment.

Je dois avouer que ma culpabilité me ronge de moins en moins quand je vois que ma MiniNous digère bien ses biberons et que les journées se passent de mieux en mieux. Ce troisième biberon est donc lui aussi devenu régulier. Cependant, à ce moment là je me dis encore que je peux faire un allaitement mixte. C’est d’ailleurs ce que j’explique vendredi dernier à la PMI. On me répond que le plus important c’est que je me sente bien et que la titi a l’air d’aller très bien, qu’elle est bien éveillée et qu’elle pousse dans le bon sens.

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Le début de la fin

Les quelques tétés qui me restent deviennent plus agréables au début. Mais rapidement, je dois dire le vérité, je commence à apprécier la facilité du biberon. Surtout les moments d’éveil détendu qu’ils m’offrent avec ma MiniNous. Avant, mes seuls moments sans pleurs étaient quand elle dormait. Maintenant, elle passe plusieurs heures réveillée à nous sourire ou à regarder son arceau de peluches. C’est tellement plaisant de profiter d’elle vraiment.

Puis les tétés restantes deviennent pénibles, je n’ai plus envie. Ma puce va bientôt avoir 8 semaines, j’aurai presque tenu deux mois. Ce n’est pas mon objectif initial mais je me dis que c’est déjà ça. Alors, le lendemain je rajoute un quatrième biberon. Enfin, hier je rajoute le cinquième biberon. Nous venons de passer deux jours formidables, avec une régularité très appréciable et des sourires à la pelle! Au final, je l’ai fait ce sevrage tant redouté et je ne le regrette pas du tout!

Conclusion de mon allaitement

Au final, je ne regrette rien. Ni ces 8 semaines d’allaitement ni de l’avoir arrêté. Pour bébé 2, je me laisse le choix de voir au fur et à mesure. Je l’allaiterai également et si ça se passe mieux je continuerai plus longtemps. Mais si je rencontre les mêmes difficultés j’hésiterai moins longtemps à passer au biberon.

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Morale de l’histoire, si j’ai un conseil à donner suite à mon expérience personnelle:
  • Celles qui ne souhaitent pas du tout allaiter: essayez au moins la tété de bienvenue. Vous en garderez un souvenir plein de douceur.
  • Pour les convaincues d’allaiter mais qui n’ont jamais essayé: allez y étape par étape, entourez vous bien, parlez un maximum de vos difficultés pour les surpasser mais si vraiment ce n’est pas un plaisir arrêtez sans culpabiliser.
  • Concernant les allaitantes convaincues. Bravo pour votre allaitement! Je trouve ça génial que certaines arrivent encore à allaiter leurs loulous après un an. Cependant, n’ayez pas la critique facile et ne jugez pas trop vite. Nous ne vivons pas toutes les mêmes situations ni ne réagissons pareil face aux mêmes situations.
Vive le bonheur des bébés et de leurs mamans! 

Pour aller plus loin

La Leche League International. C’est le site de référence officiel pour tout ce qui touche à l’allaitement. Très bien fait. Pleins d’informations et vous pouvez même contacter une animatrice qui pourra vous aider ou répondre à toutes vos questions.

Les copinautes en parlent:

« L’allaitement maternel et moi » par Maman Maud Testeuse. 

« Allaiter c’est mon choix » par Twinny Mummy And Cie.

« Allaitement journal d’un bébé en grève » par Twinny Mummy And Cie.

« Syndrome Pierre Robin » par Juste 1 Truc. 

« L’allaitement pour se pauser » par Juste 1 Truc. 

« Quoi tu allaites encore » par Le Monde de Lyli. 

« Seins ou biberons, pourquoi choisir? » Les miss A Couettes.


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Comments

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16 réflexions au sujet de « MON PREMIER ALLAITEMENT »

  1. Bel article 🙂 tu peux être fière de ton parcours, comme tu le dis 8 semaines c’est déjà ça !
    C’est vrai que « nous » les nichonneuses nous avons tendance à être moins tolérante vis à vis de l’allaitement mixte-bib^^
    Nos enfants sont de vraies éponges… l’introduction du biberon ta soulagé, moins de stress, plus de repos donc ça à forcement eu un impact sur ta bébé.
    Il faut vraiment prendre du plaisir lorsque l’on allaite, ne pas le faire parce que… comme tu le dis si le plaisir n’est plus au rendez-vous, vaut mieux tout arrêter. Vaut mieux une maman biberonnante heureuse qu’un nichonnante malheureuse 😉
    Bonne continuation ma Belle

    1. Merci beaucoup pour ton soutien! En tout cas toutes les mamans comme toi qui arrivent à conserver un allaitement long m’impressionnent vraiment! Vous êtes hyper courageuses. Que ton allaitement dure autant que tu le souhaites!

  2. Tu as bien raison de ne pas culpabiliser! Tu as déjà tenue plus longtemps que certaines et tu as écouté ton corps. Ta fille va bien se porter même avec du lait en poudre ;-). On fait comme on peut… 😉

  3. Bel article !
    Et je pense que tout d’abord le choix appartient à chaque maman, à son vécu (ou non) ainsi qu’à la relation avec son bébé.
    Et le meilleur choix est celui que l’on fait de nous même.
    Tu as donc fait le bon choix. 🙂
    Et marre des jugements que ça soit les mamans allaitantes parce que nous aussi y avons droit … ou les mamans non allaitantes
    on est mamans et c’est tout ce qui compte !
    Et en l’occurrence tu es une super maman ♥
    Il vaut mieux un biberon donné avec amour et sélénite qu’une tétée « forcée » je trouve 😉
    ♥♡♥

  4. J’ai allaité p’tit bout n° 1 jusqu’à ses un an et tout comme toi, j’ai eu beaucoup de doutes et de découragement dans les premiers mois … mais je voulais aussi lui « donner le meilleur ».

    C’est déjà très bien d’avoir allaité deux mois et c’est aussi génial de leur donner des bibs et de voir tout le bonheur qu’ils prennent !

    Allez je vais continuer de « dévorer » les articles de ton blog … que je regrette de ne pas avoir connu plus tôt.

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