MON PREMIER ACCOUCHEMENT

Un premier accouchement c’est l’expérience la plus grandiose de la vie d’une maman. Certaines le craignent, d’autres trépignent d’impatience. De mon côté, j’étais hyper sereine concernant cet événement. J’avais été suivie par une super sage femme. De plus, ses cours de préparation m’avaient donné toutes les informations dont j’avais besoin. Bien entendu, je nourrissais des espoirs comme celui de ne pas subir de césarienne et même d’éviter la péridurale. J’imaginais plus ou moins comment j’aimerai que ça se passe. Mais dans la réalité rien ne se passe jamais comme on le pense. Comme ce dimanche 28 Décembre 2014, le jour où Cher MiniNous est devenu Tessa.


06h30, ploc splash!

Je suis dans le lit et comme toutes les nuits, depuis que je suis enceinte, je me suis déjà réveillée plusieurs fois pour changer de position. Souvent, je sens un petit coup m’indiquant que bébé ne dort pas non plus. Soudain, je sens un coup en bas du ventre différent des autres et je sens comme un « ploc ». Mon coeur se met à battre un peu plus vite. Je sens un peu de liquide mais ayant des pertes très abondantes depuis des mois ça ne me semble pas différent. Je bouge quand même et là le liquide devient beaucoup plus abondant. Je comprends que ce ne sont pas des pertes.

Chéri, c’est l’heure!

Ca y est on y est, je l’ai attendu et espéré depuis si longtemps que je n’arrive pas à y croire. Je me lève doucement, sans réveiller mon chéri, je me dirige vers les toilettes mais à peine debout je sens que ça coule de plus en plus. Je reviens alors en arrière et réveille doucement choubidou en lui disant: « ça y est j’ai perdu les eaux, réveille toi doucement, on a le temps mais il faut se préparer à y aller tranquillement« . Je n’attends même pas sa réponse et je file sous la douche. Là ça coule abondamment et le doute n’est plus permis. Je relance tout de même Bastian au cas où il aurait cru à une blague et se serait rendormi. Il est debout et déjà habillé, il semble calme mais un peu le regard dans le vide, je ne suis pas sûre qu’il réalise. Je sors de la douche propre et prête à affronter cette journée exceptionnelle. Je regarde mon homme et lui dit un grand sourire aux lèvres: « ça y est choubidou on y est, j’arrive pas à y croire« . il me répond:  » mais t’es sûre que c’est ça? ». LOL oui oui c’est bien ça. Allez on prend les valises que j’ai préparé seulement quelques jours avant et on monte en voiture. Heureusement, la maternité n’est qu’à 5 minutes de chez nous.

07h30, arrivée aux urgences

Arrivée aux urgences, moi très calme: « Bonjour, je viens de perdre les eaux« . La personne à l’accueil, les yeux qui s’ouvrent soudain et un peu paniquée: « heu d’accord je vous ouvre tout de suite, vous y allez et votre compagnon reste pour faire les papiers« . Je sonne aux urgences gynécologiques et leur dit de nouveau que je viens de perdre les eaux. Bastian me rejoint quelques minutes après. La sage-femme très détendue également m’examine et me confirme que j’ai bien percé la poche et que le col n’est pas encore ouvert. Elle nous conduit ensuite à la salle de travail et nous explique qu’on peut se promener dans l’hôpital et qu’elle reviendra dans une heure me réexaminer. On part donc se promener et à chaque pas j’ai l’impression de perdre un litre de liquide. Heureusement que sur la liste d’affaires à ramener à la mater il y avait des serviettes XXL. Quelques petites douleurs comme les crampes lors des règles commencent à se faire sentir.

9h00, monitoring

Nous sommes de retour dans la chambre, les douleurs augmentent doucement et les contractions se rapprochent (toutes les 5 minutes). La sage-femme revient et m’installe le monitoring pour 45 minutes mais ne m’examine pas car la poche étant rompue, le milieu n’est plus stérile et il faut éviter de trop y toucher. Elle me demande si je veux une péridurale et je lui réponds que dans l’idéal je préfère éviter si j’y arrive ou tout du moins attendre le plus possible.

10h00, contractions et ballon

Le monitoring est bon, les contractions beaucoup plus proches et beaucoup plus présentes au niveau de la douleur. Çà reste supportable et je me dis que si ça continu comme ça je pourrai éviter la péri. A l’examen j’en suis à 4 cm d’ouverture. Elle m’enlève le monito et je monte sur le gros ballon pour essayer de soulager un peu les contractions. Bastian reste à mes côtés et semble très détendu.

11h00, ouverture rapide

A cette heure ci, clairement les contractions reviennent toutes les minutes. La douleur devient beaucoup plus pénible. Nouvel examen et j’en suis déjà à 6cm. La sage-femme me repose le monitoring et j’essaye de respirer à fond pour soulager la douleur.

12h00, contractions et douleurs

Les contractions sont très douloureuses et se suivent. Je n’ai plus le temps de respirer entre chacune d’elles. Je ne vois plus rien autour de moi. Lorsque la sage-femme est de retour je me rends et demande la péridurale. Elle me demande si j’en suis bien sûre. Je lui dit que oui là c’est vraiment insupportable, je n’arrive plus à respirer ni même à réfléchir. Elle m’explique que l’anesthésiste est sur une autre péri pour le moment mais qu’en attendant qu’il arrive je peux prendre une douche et à chaque contraction je peux respirer le gaz hilarant mis à ma disposition. Je le prends de suite et la tête me tourne en deux inspirations. Ça ne soulage pas la douleur mais ça a le mérite de détourner mon attention pendant quelques secondes. Très vite, la douleur est tellement intense que Bastian doit me tenir le masque.

Je suis comme dans un rêve de douleur, je ne vois plus rien autour de moi, d’ailleurs je ne pense même pas avoir les yeux ouverts, je n’entends plus rien. Bastian ne dit rien, je ne sais pas comment il va, comment il gère, ce qu’il ressent et je dois avouer qu’à ce moment précis je n’y pense pas. Je ne pense qu’à gérer ma douleur. Inspirer le gaz pendant la contraction, respirer pendant les quelques secondes de répit et recommencer. Au bout de seulement quelques minutes, la sage-femme revient et nous dit que finalement l’anesthésiste est disponible et qu’on va m’installer.

12h15, pose de la péridurale

On m’a changé de salle en fauteuil roulant accompagnée de mon cher gaz hilarant et de mon homme qui assure grave à reconnaître mes gestes de douleurs qui signifient « re met moi le masque!« . Là je vais vivre les 15 minutes les plus difficiles de toute la journée. La douleur est à son comble. Je n’enlève même plus le masque du visage, je transpire à grosse goutte, j’ai envie de vomir. La tête me tourne mais la douleur toujours plus forte m’empêche de sombrer. On me demande de m’asseoir, de me pencher et de ne plus bouger pour qu’on puisse me poser la péri. Je fais mécaniquement ce qu’on me dit sans réfléchir.

Anesthésiste/humoriste

J’entends l’anesthésiste essayer de rigoler avec moi en se moquant de ma culotte léopard mais je n’arrive pas à interagir avec lui. Il me dit toujours en rigolant que je ne lui facilite pas la tache car je bouge un peu trop à son goût. Ah bah oui c’est sur qu’avec les contractions j’ai du mal à faire la statue. Je m’entends lui répondre que je ne l’aime pas. Il rigole et me dit que je vais l’aimer dans 10 minutes. Puis d’un coup, j’entends les sage-femmes demander à Bastian s’il se sent bien, qu’il est blanc et qu’il devrait se coucher par terre les jambes relevées. Il répond qu’il doit sortir et le fait. Au même moment, je sens simultanément une autre douleur désagréable dans le dos et une contraction et c’est à ce moment là que je pense atteindre le summum de la douleur.

12h30, choubidou a eu un malaise

La péri est posée. Bastian est revenu. Les contractions sont toujours là mais moins douloureuses à chaque minute. Je suis installée en salle d’accouchement, le monitoring bipant au son du cœur de notre bébé et tout va bien. C’est tellement bon de pouvoir respirer de nouveau et d’avoir conscience de ce qui m’entoure. Je demande alors à Bastian ce qui s’est passé pour lui. Il m’explique que de me voir souffrir à ce point plus toute l’installation de la péridurale, qui à priori est assez impressionnante, il s’est senti mal et qu’il a eu besoin de prendre l’air 2 minutes. Le pauvre… depuis ce matin tout s’est enchaîné alors qu’on ne s’y attendait pas. Moi je suis en plein dans l’action donc je  n’ai pas le temps de réfléchir à ce qui se passe mais lui est plus un observateur extérieur et un peu impuissant face à tout ce que je vis. Je pense honnêtement que sa place n’est vraiment pas la plus facile.

13h00, le kiff de la péri

Je suis en plein kiff. La péri a atteint son effet maximum. Je n’ai plus du tout mal et je sens le sommeil m’envahir en même temps qu’un certain bien être. La sage-femme m’examine de nouveau et nous dit que ça y est je suis à 10cm. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre que le bébé descende dans le bassin et on pourra passer aux choses sérieuses. En attendant, je dis à Bastian d’aller se chercher à manger pendant que je me repose un peu.

14h00, descente dans le bassin

Le bébé s’est engagé dans le bassin mais est encore un peu haut. Les contractions se font sentir de nouveau mais beaucoup moins douloureuses qu’il y a deux heures. J’en informe la sage-femme qui m’explique que ma péri a été peu dosée car je ne suis pas très grande et que du coup elle va m’en remettre un petit coup. 5 minutes après la douleur s’efface un peu.

15h00, envie de pousser

A chaque contraction j’ai envie de pousser. Je sens le bébé descendre petit à petit. Du coup avec Bastian on s’amuse à bouger le monito pour suivre son petit coeur qui descend également de plus en plus. La sage-femme m’examine et me dit que le bébé est bien engagé mais n’est pas encore tout en bas du bassin. Je lui dis que pourtant j’ai très envie de pousser et qu’à chaque contraction de plus en plus. Elle nous dit alors que si je me sens prête on peut y aller. Je réponds que je me sens prête et elle part chercher sa collègue pour installer le nécessaire.

L’angoisse du moment

Là d’un coup, je sens la peur m’envahir. Autant, depuis le début et même pendant ma grossesse je n’ai jamais craint l’accouchement, au contraire j’étais pressée de vivre ce moment intense, autant là d’un coup tout devient très concret et les choses sérieuses vont commencer. La panique m’envahit subitement. Pas par peur de la douleur. Ca j’avais déjà donné et ce n’était pas si horrible que ça. Mais la peur de ne pas faire ce qu’il faut et de mettre le bébé en danger. Peur de ne pas pousser assez fort et de devoir lui faire subir la ventouse, les forceps ou pire la césarienne. Je me confis à Bastian mais lui semble toujours aussi calme. Je ne sais pas s’il fait semblant pour ne pas m’inquiéter ou si vraiment il se sent calme mais en tout cas, jusque là il assure. Je lui dis que si bien entendu il ne se sent pas bien pendant le travail, je ne lui en voudrait pas de sortir. Honnêtement sur le moment j’espère de tout mon cœur qu’il restera avec moi jusqu’au bout car je ne veux pas vivre ce moment si important sans lui. Néanmoins, je pense vraiment que je ne lui en voudrait pas s’il devait sortir.

15h30, c’est le moment!

Tout est installé,. Les sage-femmes sont prêtes et je me suis mise dans la position qui me semblait la plus confortable lors des cours à l’accouchement: sur le côté avec respiration bloquante. Maud, notre sage-femme, me dit alors: « ça y est, à la prochaine contraction vous pourrez commencer à pousser aussi fort que possible. Appuyez vos pieds contre les barres du lit et pareil pour vos mains, ça vous aidera à pousser« . La première contraction arrive, je bloque ma respiration et pousse fort, une fois, deux fois et une troisième fois. La sage-femme me dit que je fais ce qu’il faut et qu’il faut continuer comme ça. Je recommence plusieurs fois et très vite j’appuie mes mains contre le ventre de Bastian qui reste solide comme un roc. Cette poussée contre lui m’aide énormément physiquement mais aussi psychologiquement. J’ai l’impression qu’on le fait à deux et je le sens fort à côté de moi. A ce moment là, j’arrive à me dire que je l’aime à la folie et que j’ai vraiment de la chance de l’avoir dans ma vie.

Frustration

Je pousse encore et encore et bien que la sage-femme me dise que le bébé descend bien et qu’on voit ses cheveux à chaque poussée, je me sens frustrée. En effet, à chaque poussée je sens qu’elle descend mais entre chaque contraction j’ai l’impression qu’elle remonte et que du coup tout le travail est perdu. Puis soudain, la sage-femme me demande de garder la poussée un peu plus longtemps que d’habitude, j’en ai la tête qui me tourne mais en une seconde je sens, vraiment, la tête de mon bébé passer et en quelques secondes ses épaules et le reste de son petit corps.

16h02, MiniNous est là <3

« Vous voulez prendre votre bébé? penchez vous et venez la chercher! ». « Oui! Oui! Je veux la prendre!« . Je me penche, je sens ce petit corps tout chaud et mouillé. Je le prends et le colle tout contre moi. Et ça y est notre fille, Tessa, est là. Je me sens devenir hystérique.  » Oh mon bébé, mon bébé« . Je ne pleure pas mais je rigole, je suis hystérique et je répète « mon bébé, mon bébé« . Quand j’y repense je devais être complètement ridicule mais rien à faire! Je regarde Bastian et je le vois la larme à l’œil se pencher sur sa fille et la caresser du doigt. Il m’embrasse et là je sens qu’on est enfin au complet. On a crée notre famille. « Vous voulez couper le cordon papa? ». « Heu non allez y« . Je ne suis pas surprise car il m’avait prévenu que ça ne lui disait rien de couper le cordon et que ça lui faisait même un peu peur. Je me rends compte aussi que ma bébé est toute calme et que je ne l’ai pas entendu crier quand elle est sortie. Petite seconde de panique le temps de poser la question et en même temps qu’on me répond que oui  elle a crié, elle se met à pleurer bien fort. J’adore sa petite voix elle est trop magnifique mais je n’arrive pas à voir sa bouille. Je suis toujours couchée et elle a été mise sur ma poitrine du coup je n’arrive pas à bien la regarder, c’est super frustrant.

Mais à qui est ce bébé?

On me la met plus face à moi et je la regarde enfin pour la première fois. Elle est toute petite, toute mignonne, avec des yeux très noirs et peu de cheveux sur son petit crane. Tout de suite je remarque son nez en trompette mais en même temps arrondi sur le dessus. Je la regarde plus attentivement et même si je la trouve belle (bien entendu c’est ma fille!), je me dis qu’elle ne me ressemble absolument pas. Je ne reconnais rien de moi en elle. Je dois avouer qu’à ce moment là j’ai eu du mal à ressentir ce lien fort et intense que disent ressentir toutes les mères. Aujourd’hui, je pense que c’était dû à ce manque de ressemblance, je n’arrivai pas à m’identifier ou plutôt à l’identifier à moi. Au bout de 5 minutes, je me suis fait une raison et j’ai serré fort ce petit bout qui était encore en moi quelques minutes plus tôt. Même si je ne trouvai aucune ressemblance entre ma bébé et moi, je voyais tout son père en elle et le sentiment de l’aimer infiniment et l’envie de la protéger de tout m’ont envahi d’un coup.

Peau à peau

Pendant deux heures, on nous a laissé là comme ça, en peau à peau à profiter de ce moment de grâce à trois. Je lui ai donné la première tétée et ma fille, géniale comme sa mère, m’a agrippé le sein comme si elle l’avait toujours fait. Ensuite, la sage-femme me l’a prise du ventre et l’a emmené à quelques centimètres pour la nettoyer, lui faire des soins et la peser. Là elle a demandé à Bastian s’il souhaitait couper le bout de cordon qu’il lui restait et à mon grand étonnement il a accepté. Ensuite, il est resté collé à notre bébé pendant ces soins et à aidé à l’habiller. Première photo: papa penché sur son bébé et papa avec bébé dans les bras. C’est fou, mais de les voir ensemble ça m’a tout de suite paru une évidence. On nous a ensuite remonté dans une chambre à la maternité.

Clap de fin

Voilà pour mon accouchement qui reste vraiment une journée exceptionnelle dans ma vie. J’ai vécu un super accouchement. Bien sur j’aurai voulu éviter la péridurale mais je suis tout de même assez contente d’avoir tenu un peu. Et surtout ça ne m’a pas empêché de sentir les contractions ni le bébé sortir. Encore mieux, ça n’a pas ralenti le travail, chose qui me faisait très peur car ça aurait pu conduire aux instruments de torture ou même à la césarienne. Tout s’est passé à merveille. Mon bébé va super bien, moi aussi et le papa a été plus qu’à la hauteur. Je ne pouvais pas rêver meilleur accouchement.


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12 réflexions au sujet de « MON PREMIER ACCOUCHEMENT »

  1. Très beau récit. Ça m’a mis des frissons la première partie, j’aurais tant aimé réveiller Pierrick en pleine nuit et lui dire que ça y est, je venais de perdre les eaux… mais bon avec mes deux déclenchement 1 mois à lavance et presque 3 semaines à l’avance, c’est eux qui l’ont percé. J’espère le troisième…

    Et tu m’as fait verser la petite larme sur la fin ^^.

    Ça me donne envie d’accoucher à nouveau tout ça 😉

  2. Quel beau prénom a ta SF ;-)!
    J’ai vécu comme toi la frustration de ne pas voir la bouille de mon bébé posé sur moi.
    En tout cas merci pour ce partage! Ça m’a donné des frissons et malgré tout envie de revivre ça eh eh!

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